Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
| Essences dominantes | Chênes pédonculés, ormes résiduels, érables, aubépines, charmes, frênes et noisetiers |
| Rôle des haies | Barrières naturelles, refuges pour la biodiversité, protection contre l’érosion et le vent |
| Transformations paysagères | Remembrements agricoles, maladies, changements des pratiques ont modifié leur présence et leurs fonctions depuis le XXe siècle |
| Initiatives locales | Plantations de haies champêtres, valorisation du bocage, sensibilisation à la préservation des vieux arbres |
| Ambiance régionale | Bocages clairsemés, routes jalonnées de haies mixtes, lisières de boisours et têtards vénérables |
Le pays de Roye s’inscrit dans les “hautes plaines du Santerre”, un territoire intensément agricole depuis des siècles. Pourtant, contrairement à certains coins du Nord où la disparition des haies est presque totale, Roye et ses environs ont su conserver, çà et là, des morceaux de bocage, des alignements protecteurs, des îlots de vieux arbres. Rien d’un hasard : ces éléments ont longtemps été indispensables à la vie rurale, et aujourd’hui encore, ils structurent les horizons.
La grande vague de remembrement agricole des années 1950-1970 — nécessité mécanique, productivité, tracteurs plus grands — a transformé la physionomie du paysage. Beaucoup de haies ont disparu. Pourtant, en lisière des villages, dans quelques prés, au détour de certaines routes, la tradition subsiste. Observer ces survivantes, c’est lire à livre ouvert l’évolution de notre campagne.
Parmi les essences qui résistent et marquent le paysage naturel, certaines sont de véritables emblèmes locaux. Elles racontent à elles seules une part de l’histoire humaine et naturelle du Royeis.
À Roye comme ailleurs, la haie n’est pas qu’un décor : c’est une barrière vivante qui sépare sans enfermer, guide sans entraver. Pourquoi tant de variétés et d’implantations diverses ? C’est que chaque haie a son histoire et sa fonction !
Le XXe siècle a vu, avec les grandes machines et l’agriculture “moderne”, une réduction de 70% du linéaire de haies autour de Roye (source : Chambre d’Agriculture de la Somme). Pourtant, depuis quinze ans, le vent tourne.
Une anecdote locale : à Ercheu, lors d’un concours organisé par la Maison de la Nature, des écoliers ont replanté il y a dix ans un “verger sentinelle” extirpant de l’oubli anciennes variétés de pommiers, poiriers, pruniers, contribuant ainsi à la résistance du patrimoine fruitier, en marge des grandes cultures.
Non loin de la rivière le Matz, on croise encore des frênes têtards, ces arbres à la drôle de silhouette. Leur tronc court, gonflé par les tailles répétées, porte la marque de siècles d’utilisation : le bois, coupé tous les 5-10 ans, chauffait la ferme, alimentait les outils, servait parfois de fourrage. Cette tradition, quasi disparue après 1950, renaît à travers quelques projets de sauvegarde d’arbres “remarquables”. Ils deviennent même sujets d’étude pour les Inventaire Forestier National.
Leur gracieuse difformité plaît aussi aux photographes et aux promeneurs : ils forment comme une troupe silencieuse en bordure de marais ou de fossés, rappelant une époque où chaque arbre avait sa place dans l’économie rurale.
Pour toucher du regard et du doigt la richesse de ce patrimoine, voici quelques suggestions de balades ou points d’arrêt :
En saison, les bords de routes entre Roye et Méry-la-Bataille offrent encore des tunnels de verdure, vestiges émouvants des anciens chemins d’antan.
La question n’est pas seulement esthétique, même si le plaisir d’apercevoir une haie fleurie un matin de brume a sa valeur ! Maintenir haies et arbres, c’est aussi :
Le paysage autour de Roye ne se lit bien que si l’on prend le temps d’en explorer l’envers et l’héritage. Chênes anciens, haies champêtres, frênes têtards et corridors boisés ne sont pas des vestiges nostalgiques, mais la matrice d’un territoire résolument vivant. Les initiatives locales en faveur de la replantation, de la sauvegarde des variétés anciennes, de la transmission des savoirs, dessinent peu à peu un nouveau visage, à la fois moderne et respectueux du passé. On ne dira jamais assez combien cette diversité végétale façonne l’ambiance et l’imaginaire de Roye — à observer, préserver… et à raconter, encore et toujours, à ceux qui viendront se perdre dans nos chemins de traverse.
Sources principales : - Conseil Départemental de la Somme - Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) - Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) - Office National des Forêts (ONF)