Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
À l’orée du Moyen Âge, Roye n’est encore qu’un modeste bourg, bâti sur une butte, entre Somme et Santerre. Quelques rares indices, à peine une poignée, suggèrent une occupation ancienne. On mentionne la présence d’une villa gallo-romaine, située non loin de l’actuelle porte Saint-Pierre (source : Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie). Mais c’est véritablement à partir du IX siècle, avec l’essor des premiers seigneurs locaux, que les grandes lignes de la ville se dessinent. La position de Roye, au carrefour d’axes commerciaux antiques, attire déjà quelques chalands, mais rien encore ne laisse présager l’effervescence à venir.
Entre le XI et le XIII siècle, Roye entre dans la lumière : le commerce et l’artisanat explosent. La bourgade, placée sur la route d’Amiens à Compiègne, voit passer marchandises, pèlerins et messagers. L’activité agricole environnante — blé, orge, vignes même ! — structure le premier marché. Mais l’artisanat ne tarde pas à suivre, tiré par la demande nouvelle d’une population en hausse.
Ce foisonnement attire évidemment les convoitises… et les moyens de défense.
L’un des atouts les plus spectaculaires du développement de Roye, ce sont ses fameuses fortifications médiévales. Dès le XII siècle, on élève une enceinte redoutable : remparts de pierres, fossés, portes massives. Au XIII siècle, Roye compte pas moins de quatre portes principales — Saint-Pierre, Ham, Pontoise, Paris —, surveillées jour et nuit (source : Georges Duruy, “Les fortifications médiévales de la Somme”, 1937).
À quoi ressemblait Roye médiévale en pleine activité ? Imaginez la grande place rongée d’étals, les cris des marchands, les artisans s’interpellant d’une échoppe à l’autre… et le passage constant de marchands allant vers les Flandres.
Un épisode typique : au milieu du XIII siècle, Roye accueille jusqu’à quatre grandes foires annuelles. Les archives municipales évoquent des pics de fréquentation avec plusieurs milliers de visiteurs, un chiffre impressionnant pour le Santerre médiéval.
L’essor de Roye s’accompagne forcément de querelles d’influence. Plusieurs familles se disputent la seigneurie — dont les puissants comtes de Vermandois, de Champagne ou, plus tard, l’ombre des rois de France eux-mêmes.
Cette dualité entre liberté croissante et tutelle seigneuriale façonne un climat particulier : ni totalement indépendante, ni simplement soumise, Roye s’émancipe peu à peu.
Aujourd’hui, il nous reste quelques noms de rues, quelques pierres et parfois des traces écrites pour imaginer la vie dans la Roye médiévale. Mais en grattant un peu, on redécouvre tout un foisonnement humain :
La vie est rude. Les épidémies (la peste noire fauche une partie de la population en 1348, la ville passe alors de près de 3000 à moins de 2000 âmes, source : Les grandes pestes dans la Somme, Jean-Bernard Duval, 2007), les famines, les troupes de passage (souvent pillardes) rappellent la fragilité de l’époque.
Mais Roye n’a jamais perdu cet esprit de solidarité, visible dans ses confréries (la célèbre confrérie des charitables dès 1270), ses guildes et ses marchés solidaires. Ces structures préfigurent, à leur façon, l’entraide locale d’aujourd’hui.
Impossible d’aborder l’histoire médiévale de Roye sans parler des conflits. La position de la ville, à la frontière de nombreuses principautés, en fait une cible.
Ce va-et-vient destructeur entraîne, paradoxalement, un renouvellement de la cité : on inove, on rebâtit, et la population migrante amène parfois des savoir-faire inattendus à Roye.
Si les remparts sont tombés, si les siècles ont bouleversé les façades et les places, l’empreinte médiévale est toujours là — dans l’organisation urbaine, les noms de rues, la toponymie, certains bâtiments (l’église Saint-Pierre conserve plusieurs éléments du XII siècle, la place de la Halle rappellera toujours les heures marchandes). Les fêtes historiques et le marché du samedi perpétuent, à leur façon, cet esprit d’agitation bonhomme et commerçante qui caractérisait la Roye médiévale.
Prendre le temps d’arpenter la ville, de s’arrêter devant un pan de mur, un blason oublié ou un vieux puits, c’est un peu dialoguer avec cette histoire, sentir la vapeur des âges et imaginer le bourdonnement d’une cité qui ne s’est jamais vraiment éteinte.
Curieux d’en savoir plus ? Les archives municipales, les circuits de découverte du patrimoine et le remarquable travail des associations locales sont des mines pour qui veut remonter le fil du Moyen Âge royen. Et comme on dit ici : à Roye, l’histoire n’est jamais bien loin…