Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
Autrefois, les haies faisaient partie intégrante de nos campagnes. On les plantait pour séparer les terres, abriter le bétail, protéger les cultures du vent. Elles dessinaient un maillage serré de lignes vertes et brunes, ponctué d’aubépine, de sureau, de noisetier, qui vit encore dans l’imaginaire des anciens ou sur les cartes d’état-major du début XXe siècle (Inventaire National du Patrimoine Naturel). Mais à partir des années 1950, le remembrement agricole a amputé ce quadrillage. Pour faciliter la mécanisation, ouvrir de larges parcelles et augmenter les rendements, les haies ont été arrachées à la pelle hydraulique, parfois en quelques jours, souvent sans retour en arrière.
Aujourd’hui, dans le département de la Somme, on estime avoir perdu jusqu’à 70% du linéaire de haies depuis l’après-guerre (source : Agence de l’eau Seine-Normandie). Il en reste, mais elles sont trop souvent grignotées, isolées, ou laissées sans gestion, comme des reliques d’un autre temps. Or, chaque disparition laisse derrière elle bien plus qu’un simple vide végétal.
À première vue, une haie, c’est juste un fouillis de branches. Mais regardons-y d’un peu plus près…
Un chiffre marquant : jusqu’à 70 espèces d’oiseaux différents peuvent être recensées dans les haies bocagères les mieux conservées (source : Observatoire Agricole de la Biodiversité 2022). Plus de 150 espèces d’insectes y trouvent également leur habitat.
| Fonction | Bénéficiaires principaux | Effet direct de la disparition |
|---|---|---|
| Abri/nidification | Oiseaux, mammifères, amphibiens | Baisse du nombre d’espèces nicheuses, hausse de la prédation |
| Source de nourriture | Insectes, oiseaux, rongeurs | Diminution des ressources, disparition d’espèces spécialistes |
| Corridor de déplacements | Petits mammifères, pollinisateurs, reptiles | Fragmentation des populations, isolement génétique |
| Protection climatique | Toute la faune locale | Vulnérabilité accrue face aux extrêmes météo |
Chaque printemps, on assiste à un spectacle un peu plus discret. Certaines espèces qui animaient nos haies (fauvette grisette, bruant jaune, pie-grièche écorcheur) manquent à l’appel ou se replient sur les rares zones encore fournies. En Picardie ou ailleurs, la chute est nette : près de 30% des populations d’oiseaux « des milieux agricoles » ont disparu en 30 ans selon le MNHN.
La haie est la « bretelle de sécurité » des hérissons : ils s’y abritent, s’y nourrissent, y circulent. Sa suppression les force à traverser champs ouverts et routes, accentuant leur mortalité : on estime que le hérisson d’Europe a perdu 70% de ses effectifs en 20 ans au Royaume-Uni, la tendance étant similaire en France (source : Mediaterre).
Côté insectes, 40% des espèces de papillons et pollinisateurs agricoles sont en déclin à cause de la disparition des haies (et de l’usage de pesticides, mais c’est un autre combat), chiffre la UICN.
Couper une haie, c’est créer une frontière. Pour le blaireau ou le lérot c’est le parcours du combattant, pour le lézard c’est l’exil ou la mort. Cette fragmentation « coupe » les flux de populations, isole les familles d’animaux et empêche la diversité génétique, rendant la faune plus fragile face aux maladies ou au changement climatique.
On a tendance à oublier que la haie, c’est aussi un allié pour l’homme. Ce « mur vivant » capte le CO₂, limite l’érosion des sols, filtre l’eau de ruissellement, abrite des auxiliaires naturels des cultures (comme la coccinelle et le syrphe contre les pucerons). Leur disparition aggrave donc le ruissellement, la perte de fertilité des terres, et même la vulnérabilité face à la sécheresse.
À l’échelle de la Somme, la suppression massive de haies a même contribué à des inondations plus rapides, comme l’ont rappelé plusieurs agriculteurs lors des crues de 2023 (France Bleu Picardie).
C’est un travail de longue haleine, mais chaque mètre linéaire compte — et ça se ressent déjà là où l’on a replanté : retour de papillons, apparition de nichoirs, nouvelle ambiance sonore au fil des saisons.
Le chant du rouge-gorge, la disparition discrète d’un écureuil dans une touffe d’aubépine, tout cela semble trivial… jusqu’à ce que le silence s’installe. Les haies, autour de Roye, sont à la fois un patrimoine et une promesse : celle de préserver, pour nous et pour les générations d’après, un territoire vivant où la faune trouve sa place.
Les gestes individuels (ne pas tailler les haies en période de nidification, laisser les lisières fleuries, participer aux plantations collectives) rejoignent l’action publique et associative. Chacun, à son échelle, peut éviter que la disparition des haies ne rime avec disparition de la vie.
Protéger, entretenir, et recréer ce « maillage vert », c’est redonner à Roye et ses alentours la voix des saisons, et sa vraie richesse naturelle.