Balades Nature autour de Roye : Secrets verts et échappées bucoliques

19 novembre 2025

La Forêt de Moreuil : immersion sous les frondaisons


Impossible d’évoquer les espaces naturels proches de Roye sans citer la Forêt de Moreuil, vaste écrin boisé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest (Source : Office National des Forêts). Ici, c’est un vrai bol d’air qui vous attend : près de 2 800 hectares de feuillus, pour la plupart des chênes et des hêtres, sur lesquels se racontent mille histoires. Histoires d’arbres remarquables — dont certains plus que centenaires —, d’anciennes allées royales et de veilles cabanes de chasseurs.

  • Accès : Plusieurs parkings balisés, dont celui du Carrefour des Sept Chemins, facilement accessible depuis la D155.
  • À ne pas manquer : Le « Grand Hêtre », un arbre immense dont les branches dessinent une garde naturelle, et le sentier pédagogique (boucle de 2,5 km) parfait pour les familles.
  • Faune et flore : Cerfs, chevreuils, renards, autour des bois et, au printemps, le ballet discret des pics et des mésanges.

La Forêt de Moreuil est aussi marquée par l’histoire : occupée lors des deux guerres mondiales, elle porte encore, sous les feuilles, les traces de tranchées et de blockhaus. Un détour par la stèle du souvenir, nichée à l’orée du bois, permet de mesurer le poids du temps sur la nature picarde.

Les Étangs de la Vallée de l’Avre : escales pour oiseaux migrateurs


Moins connus que la baie de Somme mais tout aussi précieux pour les sylvains dans l’âme, les étangs s’égrainent doucement autour de la vallée de l’Avre. À partir de Roye, en suivant la rivière vers le sud-est, on découvre de petits coins de paradis humides, formidables postes d’observation naturaliste.

  • Étang de Fouencamps : Ce site naturel classé Natura 2000 (INPN) est situé à environ 20 km de Roye. Il s’étend sur plus de 35 hectares, avec un sentier pédagogique, des pontons pour la pêche et plusieurs points d’observation ornithologique. On peut y voir, selon la saison, des hérons cendrés, des cormorans, des cygnes tuberculés ou la discrète rousserolle effarvatte.
  • Étangs de Nesle : Plus confidentiels, ces petits plans d’eau au nord de Nesle sont un écrin idéal pour la promenade ou la pêche à la ligne (carpes, gardons, tanches, voire brochets en début de saison).

Les amateurs de photos animalières et d’identification de libellules apprécieront ce paysage d’eau et de roseaux, authentique en toute saison. Pour observer sans gêner, privilégiez les moments calmes : tôt le matin ou en fin d’après-midi, la nature est alors à l’honneur.

La Vallée de l’Ingon : discrète et sauvage


Si l’on préfère les chemins moins fréquentés, c’est du côté de la petite vallée de l’Ingon, à l’ouest de Roye (vers L’Échelle-Saint-Aurin et Fresnoy-lès-Roye), que la promenade prend des airs intimistes. Ici, la rivière serpente encore librement, bordée de prairies humides ponctuées d’aulnes et de saules têtards.

Cela ressemble à ces paysages de carte postale qui semblent avoir échappé au temps : on y croise vaches, chevaux, parfois même une colonie de cigognes blanches (qui vient y faire halte chaque été, selon la LPO Picardie). Le sentier le long de la rivière propose près de 6 km de balade au fil de l’eau. De mai à juillet, c’est une symphonie végétale : angéliques, iris d’eau, menthes sauvages parfument l’air.

  • Conseil pratique : Prévoyez des chaussures adaptées aux zones humides !
  • À observer : Libellules, grenouilles agiles, hérons silencieux à la pêche.

Les pelouses calcaires de Tilloloy : flore rare et ambiance méditerranéenne


Le saviez-vous ? Roye est tout proche de l’un des milieux naturels les plus rares de la Somme : la pelouse calcaire. Sur les hauteurs de Tilloloy, en bordure de village, subsistent quelques coteaux exposés au sud tapissés d’herbe courte, où s’épanouissent en mai et juin des fleurs étonnamment colorées.

On y croise :

  • Des orchidées sauvages (ophrys, orchis pyramidal…)
  • La gentiane amère
  • Des papillons spécifiques comme l’azuré des paluds
Selon le Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France, cet espace est préservé pour sa biodiversité unique. Les pelouses calcaires sont peu à peu gagnées par la friche ; la balade (très accessible) depuis la petite route du cimetière permet de les découvrir à la bonne saison.

Bocages, haies, et chemins ruraux : les paysages traditionnels


Autour de Roye, le bocage picard a résisté à la grande vague de remembrement du siècle dernier. Les chemins ruraux qui sillonnent entre Ercheu, Maucourt ou encore Lihons dressent un tableau fait de haies vives, d’arbres fruitiers centenaires, de mares cachées et d’anciens talus.

Pour qui veut s’immerger dans ces paysages, rien de tel que d’emprunter à pied ou à vélo les portions du Chemin de Compostelle (Via Turonensis), balisé de coquilles jaunes : il traverse Roye, puis file plein sud en direction de Beuvraignes, puis vers Montdidier. Entre deux villages, on croise parfois un chevreuil bondissant, ou la silhouette furtive d’une chouette effraie (notamment en soirée, sur les tronçons boisés).

  • Points d’intérêt : Les vergers abandonnés, superbes au printemps, et les vieilles mares, où chantent les crapauds accoucheurs.
  • À explorer : Les sentiers du GR123 (« Tour de la Somme »), pour une traversée bucolique au fil des saisons (Fédération Française de Randonnée Pédestre).

Le Parc de l’Hôtel de Ville et les jardins cachés de Roye intra-muros


Quand on veut jouer à l’explorateur sans quitter Roye, les petits espaces naturels du centre-ville valent la promenade. Penchez-vous dans le Parc de l’Hôtel de Ville, aménagé (mais sans excès) autour des vestiges du château et du monument aux morts. À la belle saison, c’est une bulle de repos : cygnes sur la pièce d’eau, allées bordées de massifs, magnolias en fleurs.

Moins connus : les jardins familiaux de la rue du Commandant Pierre Hinard ou du quartier du Champ du Moulin. De vrais petits biotopes urbains, où se rencontrent hérissons, abeilles sauvages, merles gourmands et même parfois, à la nuit tombée, une famille de renards urbains.

  • À savourer : La fraîcheur sous les platanes par grosses chaleurs, ou les couleurs automnales autour du kiosque.
  • Infos pratiques : Les parcs sont librement accessibles, et des panneaux expliquent les principales espèces végétales présentes.

Quelques idées pour découvrir la nature locale autrement


  • Initiations botaniques : Le CPIE Somme (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) propose régulièrement des balades accompagnées à la découverte de la faune et de la flore régionales (CPIE Picardie).
  • Observation ornithologique : La LPO Somme anime certains week-ends des sorties pour reconnaître piéride, mésange, héron ou encore le cassenoix moucheté, rare mais observé en hiver sur les étangs.
  • Randonnées organisées : Le club de randonnée de Roye (contact via l’Office de Tourisme) balise chaque mois des nouvelles boucles autour des plus beaux paysages de la commune.

Évasion nature : Roye, bien plus qu’un simple carrefour


Ceux qui s’arrêtent à Roye le temps d’une pause sur l’A1 ignorent souvent que, dans un rayon d’à peine 10 à 15 km, se concentrent autant de possibilités d’évasion au vert. Forêts séculaires, vallées secrètes, prairies et bocages, villages bucoliques ou jardins urbains : le territoire invite à ralentir, observer, savourer.

Tous ces espaces constituent bien plus que des paysages : ils sont un marqueur d’identité, une invitation à la (re)découverte sensible de notre coin de Picardie. Observer un chevreuil à l’aube, respirer les premiers lilas, écouter le silence d’un étang ou l’envol d’une grive… Nos balades sont faites de ces instants rares et, finalement, précieusement locaux.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter la carte interactive des sentiers de la Communauté de Communes du Grand Roye, ou à partager ici vos coins favoris (on garde les secrets, promis). La nature autour de Roye se mérite, se goûte, et gagne à être parcourue pas à pas, au fil des envies.

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