Nos forêts secrètes : balades nature autour de Roye
Pas besoin d’aller loin pour se sentir minuscule sous les fûts. À 12 km à peine au sud-est de Roye, la Forêt de Moreuil s’impose comme l’un des poumons verts majeurs de la région. C’est la...
19 novembre 2025
Impossible d’évoquer les espaces naturels proches de Roye sans citer la Forêt de Moreuil, vaste écrin boisé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest (Source : Office National des Forêts). Ici, c’est un vrai bol d’air qui vous attend : près de 2 800 hectares de feuillus, pour la plupart des chênes et des hêtres, sur lesquels se racontent mille histoires. Histoires d’arbres remarquables — dont certains plus que centenaires —, d’anciennes allées royales et de veilles cabanes de chasseurs.
La Forêt de Moreuil est aussi marquée par l’histoire : occupée lors des deux guerres mondiales, elle porte encore, sous les feuilles, les traces de tranchées et de blockhaus. Un détour par la stèle du souvenir, nichée à l’orée du bois, permet de mesurer le poids du temps sur la nature picarde.
Moins connus que la baie de Somme mais tout aussi précieux pour les sylvains dans l’âme, les étangs s’égrainent doucement autour de la vallée de l’Avre. À partir de Roye, en suivant la rivière vers le sud-est, on découvre de petits coins de paradis humides, formidables postes d’observation naturaliste.
Les amateurs de photos animalières et d’identification de libellules apprécieront ce paysage d’eau et de roseaux, authentique en toute saison. Pour observer sans gêner, privilégiez les moments calmes : tôt le matin ou en fin d’après-midi, la nature est alors à l’honneur.
Si l’on préfère les chemins moins fréquentés, c’est du côté de la petite vallée de l’Ingon, à l’ouest de Roye (vers L’Échelle-Saint-Aurin et Fresnoy-lès-Roye), que la promenade prend des airs intimistes. Ici, la rivière serpente encore librement, bordée de prairies humides ponctuées d’aulnes et de saules têtards.
Cela ressemble à ces paysages de carte postale qui semblent avoir échappé au temps : on y croise vaches, chevaux, parfois même une colonie de cigognes blanches (qui vient y faire halte chaque été, selon la LPO Picardie). Le sentier le long de la rivière propose près de 6 km de balade au fil de l’eau. De mai à juillet, c’est une symphonie végétale : angéliques, iris d’eau, menthes sauvages parfument l’air.
Le saviez-vous ? Roye est tout proche de l’un des milieux naturels les plus rares de la Somme : la pelouse calcaire. Sur les hauteurs de Tilloloy, en bordure de village, subsistent quelques coteaux exposés au sud tapissés d’herbe courte, où s’épanouissent en mai et juin des fleurs étonnamment colorées.
On y croise :
Autour de Roye, le bocage picard a résisté à la grande vague de remembrement du siècle dernier. Les chemins ruraux qui sillonnent entre Ercheu, Maucourt ou encore Lihons dressent un tableau fait de haies vives, d’arbres fruitiers centenaires, de mares cachées et d’anciens talus.
Pour qui veut s’immerger dans ces paysages, rien de tel que d’emprunter à pied ou à vélo les portions du Chemin de Compostelle (Via Turonensis), balisé de coquilles jaunes : il traverse Roye, puis file plein sud en direction de Beuvraignes, puis vers Montdidier. Entre deux villages, on croise parfois un chevreuil bondissant, ou la silhouette furtive d’une chouette effraie (notamment en soirée, sur les tronçons boisés).
Quand on veut jouer à l’explorateur sans quitter Roye, les petits espaces naturels du centre-ville valent la promenade. Penchez-vous dans le Parc de l’Hôtel de Ville, aménagé (mais sans excès) autour des vestiges du château et du monument aux morts. À la belle saison, c’est une bulle de repos : cygnes sur la pièce d’eau, allées bordées de massifs, magnolias en fleurs.
Moins connus : les jardins familiaux de la rue du Commandant Pierre Hinard ou du quartier du Champ du Moulin. De vrais petits biotopes urbains, où se rencontrent hérissons, abeilles sauvages, merles gourmands et même parfois, à la nuit tombée, une famille de renards urbains.
Ceux qui s’arrêtent à Roye le temps d’une pause sur l’A1 ignorent souvent que, dans un rayon d’à peine 10 à 15 km, se concentrent autant de possibilités d’évasion au vert. Forêts séculaires, vallées secrètes, prairies et bocages, villages bucoliques ou jardins urbains : le territoire invite à ralentir, observer, savourer.
Tous ces espaces constituent bien plus que des paysages : ils sont un marqueur d’identité, une invitation à la (re)découverte sensible de notre coin de Picardie. Observer un chevreuil à l’aube, respirer les premiers lilas, écouter le silence d’un étang ou l’envol d’une grive… Nos balades sont faites de ces instants rares et, finalement, précieusement locaux.
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter la carte interactive des sentiers de la Communauté de Communes du Grand Roye, ou à partager ici vos coins favoris (on garde les secrets, promis). La nature autour de Roye se mérite, se goûte, et gagne à être parcourue pas à pas, au fil des envies.