Sur les traces des habitants discrets de la campagne roysienne

26 mars 2026


Séduire la nature autour de Roye, c’est se laisser surprendre par la richesse de la Somme tout en respectant ce qui fait sa beauté. Observer la faune et la flore devient alors un jeu complice entre curiosité et conscience.
  • La Picardie regorge de milieux naturels variés : bois, étangs, prairies et haies où l’on croise oiseaux migrateurs et petites bêtes discrètes.
  • Scruter, écouter et se déplacer avec discrétion sont les clés d’une observation respectueuse, que l’on soit expert ou simple promeneur du dimanche.
  • Adopter de bonnes pratiques limite les dérangements et permet à la biodiversité de s’épanouir durablement.
  • Les balades à Roye et dans ses environs sont de véritables invitations à découvrir des espèces parfois méconnues.
  • Quelques gestes simples – comme rester sur les sentiers ou éviter de cueillir les plantes – font toute la différence pour préserver l’équilibre fragile de nos espaces naturels.
  • Prenons ensemble le temps de savourer la campagne roysienne, tout en transmettant l’envie de la protéger.

La richesse naturelle autour de Roye : un patrimoine vivant à préserver


Coincé entre le Santerre et la vallée de l’Avre, le secteur de Roye cultive un charme rural qui fait la part belle à la diversité biologique. Ce qui frappe, au fil des saisons, c’est cet équilibre entre grandes cultures agricoles, parcelles boisées, rivières et zones humides. De nombreuses espèces y ont élu domicile, certaines totalement banales, d’autres plus confidentielles.

  • Sur les bords de l’Avre, hérons cendrés et martins-pêcheurs colorent la rive.
  • Dans les bosquets et bocages, le chevreuil rôde à pas feutrés.
  • En mai, le cri aigu du pipit des arbres rivalise avec la stridulation des grillons sur les chemins de craie.
  • Les orchidées sauvages percent, timides, sous les ronces et orties, tandis que les premières abeilles s’agitent autour de la bourrache des fossés.

Et puis, il y a la petite faune invisible : crapauds calamites, grenouilles vertes à la saison des amours, libellules bleu électrique, chauves-souris à la tombée du jour. Selon la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), près de 150 espèces d’oiseaux sont régulièrement observées en Picardie, dont certaines remarquables telles le busard cendré ou la sarcelle d’hiver (source : LPO Picardie).

Les fondamentaux d’une observation responsable : question d’attitude avant tout


Observer sans déranger, c’est la règle d’or : pour garantir le spectacle, mais aussi sa pérennité. Quelques principes simples suffisent souvent à faire rimer balade et bienveillance.

1. Discrétion et patience : de véritables alliées

  • On baisse la voix : Beaucoup d’animaux ont l’ouïe fine. Mieux vaut chuchoter et éviter les groupes bruyants.
  • On ralentit le pas : Les allées rapides effraient. Les postures calmes, au contraire, laissent une chance à la rencontre.
  • On soigne son approche : Idéalement, s’arrêter régulièrement, observer longuement chaque zone, laisser venir le vivant à soi.

2. On touche avec les yeux (et l’objectif, parfois)

Aucune plante, même la plus commune, n’a envie de finir flétrie dans une poche de manteau. Même chose pour les insectes ou les œufs d’oiseaux : on regarde, on photographie… mais on laisse en place.

  • Nul besoin de capturer une grenouille pour apprécier sa coasse.
  • Cueillir une fleur protégée (orchidée sauvage, jacynthe) expose à des sanctions et déséquilibre le milieu (source : INPN/MNHN).

3. Respect des habitats et des chemins balisés

Rien de tel qu’un sentier pour découvrir sans bouleverser. Les zones marécageuses ou les boisements accueillent des espèces sensibles qui supportent mal les passages répétés hors des chemins.

  • On évite de piétiner les zones humides ou de franchir les clôtures – notre trace s’efface moins vite qu’on ne le croit.
  • On privilégie les circuits officiels (chemin de l’étang du Boulet, promenades autour d’Andechy ou de Liancourt-Fosse).

4. Zéro déchet et absence totale de traces

  • Tout ce qui entre repart dans le sac à dos : serviettes en papier, bidons, mégots… La flore locale n’apprécie guère le plastique.
  • Ne jamais nourrir les animaux sauvages : cela modifie leurs comportements et peut les rendre malades (source : Ferme de Beaumont).

Idées de balades responsables à Roye et alentours : où et quand observer ?


On a la chance d’avoir, autour de Roye, quelques pépites à explorer à rythme doux. Les périodes les plus propices sont souvent les débuts et fins de journée, et, pour les oiseaux migrateurs, les périodes de passage : printemps et automne.

  • Les Étiers de l’Avre : Bras secondaires, petites plages de graviers – hérons, poules d’eau et traces de loutre y sont communes.
  • Le bois du Calvaire : Pour écouter piverts, mésanges et, avec de la chance, croiser un écureuil roux ou un blaireau à la tombée du jour.
  • La ZNIEFF de la vallée de l’Oise : Espace naturel d’intérêt écologique majeur (source : INPN ZNIEFF) offrant orchidées sauvages, papillons et linotte mélodieuse.
  • La boucle de Saint-Mard : Bons points d’écoute pour le brame du cerf en septembre-octobre (à distance !). Prévoir jumelles et patience.

Le tout, évidemment, bien repéré sur carte IGN (ou Géoportail) et… selon son humeur du jour. Noter qu’en période de chasse, il vaut mieux se renseigner sur les jours d’ouverture et porter des couleurs voyantes.

Les espèces phares autour de Roye : ce que l’on peut (espérer) voir


Une nature généreuse, c’est avant tout une diversité d’espèces. En voici quelques-unes, emblématiques ou inattendues, que l’on peut observer dans nos environs :

Espèce Milieu de vie Période d’observation conseillée Anecdote
Héron cendré Marais, bords d’eau Toute l’année, matinée Peut rester immobile plus de 20 minutes à attendre le poisson parfait.
Pipit des arbres Prairies ouvertes, haies Avril à juillet Son chant rappelle le “tsip-tsip-tsip” caractéristique des ciels picards.
Chevreuil Bocage, lisières de forêt Matin ou crépuscule, toute l’année S’il vous voit avant, il aboiera puis filera en sautant, panache dressée.
Grenouille agile Mares, fonds de vallée Mars à juin (chant nuptial) Capable de bonds de plus d’1 mètre !
Orchidées sauvages Pelouses calcaires, friches Mai-juin Certains sites de la vallée de l’Avre en abritent une demi-douzaine d’espèces.
Blaireau européen Boisements, haies Surtout crépuscule, toute l’année Parfois plusieurs générations cohabitent dans un même terrier.

ASTUCES POUR SE PRÉPARER : matériel, applications, réseaux locaux


Pour profiter au mieux de ces découvertes, quelques outils et ressources peuvent aider sans devenir envahissants :

  • Paire de jumelles pour l’observation discrète.
  • Guide de terrain (papier ou appli type Pl@ntNet pour les plantes, Merlin Bird ID pour les oiseaux).
  • Utilisation de l’appli Sentinelle Nature (Région Hauts-de-France), pour signaler des observations sans perturber les milieux.
  • Réseau local : se rapprocher d’associations comme la LPO Somme ou la Société Picarde pour l’Étude et la Protection de la Nature (SEP Somme) permet de participer à des sorties guidées et d’échanger conseils et découvertes.

Ceux qui souhaitent aller plus loin pourront s’engager comme bénévoles dans les Comptages nationaux, ou prêter main-forte lors des chantiers nature locaux.

Transmettre et protéger : la clé pour garder Roye sauvage mais accueillante


Observer, c’est partager : entre générations, entre habitants, mais aussi avec ceux qui, de passage ou d’adoption, s’émerveillent eux aussi de la nature picarde. Prendre soin de nos espaces, c’est maintenir une sorte de pacte tacite avec la faune et la flore : je viens vous voir, mais promis, je ne laisse que mon regard.

Informer ses proches sur les gestes à adopter, compléter ses connaissances en échangeant avec les associations locales, participer aux comptages collectifs ou s’initier à la photographie animalière, sans jamais céder à l’appel du “trophée”, voilà les petits plus qui feront, jour après jour, la différence pour que Roye reste ce coin de Picardie où la nature a encore droit de cité.

La vraie magie, finalement, c’est d’offrir à chacun le goût de la curiosité responsable et, pourquoi pas, d’insuffler l’envie d’être un peu le gardien de nos campagnes, à son niveau, pour les générations à venir.

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