Bouffées d’air et coins secrets : explorer les paysages naturels autour de Roye

14 avril 2026

Pourquoi la Somme autour de Roye mérite qu’on s’y attarde ?


Côté carte postale, la Somme est souvent associée à ses grandes plaines céréalières et ses moulins à vent. Pourtant, la région regorge de zones naturelles préservées, d’une biodiversité insoupçonnée. On compte pas moins de 21 espaces naturels sensibles dans le département (source : Conseil départemental de la Somme), dont plusieurs accessibles à moins de 30 minutes de Roye. Entre vallées encaissées, marais secrets, bois touffus et pelouses calcaires, chaque balade mêle mosaïque de paysages, patrimoine rural et rencontres inattendues avec la faune locale.

La Vallée de la Somme, berceau d’une nature entre eau et lumière


La vallée de la Somme, c’est un peu notre épine dorsale verte. Si Roye n’est pas traversée directement par la Somme, la vallée n’est qu’à une trentaine de kilomètres. Elle s’étire sur près de 245 kilomètres entre Saint-Quentin et la baie, plus célèbre encore. Mais c’est la partie “amont”, entre Ham et Péronne, qui reste la plus tranquille, loin des voitures et du tourisme de masse.

À ne pas manquer dans la vallée :

  • Le marais de Méricourt-sur-Somme : petit paradis pour les passionnés d’ornithologie. Au début de l’automne, on y croise des hérons, des canards souchets, parfois une cigogne noire en escale. Panneaux pédagogiques, chemins balisés – une balade idéale avec des enfants (source : Somme Tourisme).
  • Les étangs de Cappy et Froissy : havre pour les pêcheurs, au fil de l’eau, et parfaite halte pour un pique-nique Champêtre.
  • Le circuit de la Vallée de la Somme à vélo (V30) : 120 km d’itinéraire cyclable, partant de Péronne jusqu’à Amiens, avec quelques accès en train. Idéal pour découvrir les méandres, les friches, et l’ambiance “petits ports à péniches” si typique (source : France Vélo Tourisme).

Un conseil de promeneur : dans ces zones humides, pensez aux jumelles et, pour les courageux, aux bottes de caoutchouc en avril ou novembre…

Le Plateau Picard : lumières changeantes, plateaux secrets et panoramas inattendus


Le plateau, c’est la toile de fond de notre vie quotidienne : grandes cultures à perte de vue, ciel immense, champs coupés de bosquets ou de haies. Mais entre deux parcelles de blé, se cachent aussi quelques perles :

  • Les buttes de Chaulnes : points culminants de la plaine (106 mètres, c’est déjà une “montagne” ici !), le panorama sur la campagne environnante vaut le détour, surtout au lever ou au coucher du soleil. Par temps clair, on aperçoit même les clochers d’Amiens.
  • La forêt domaniale de Saint-Pierre-Vaast (près de Nesle) : futaie claire et accueillante, idéale pour la marche douce. On y observe souvent chevreuils ou écureuils si on sait rester discret.

Le plateau se laisse aussi découvrir à vélo, par petites routes et chemins blancs. Après la pluie, quand le soleil revient, tout s’illumine : une lumière si particulière qui ravit les photographes (et les rêveurs).

Fragments boisés et forêts confidentielles


Si la Somme n’est pas la Sologne, quelques “morceaux” de forêts subsistent et créent des atmosphères bien différentes :

  • La forêt d’Ailly-sur-Noye : à moins de 40 minutes de Roye, cette forêt domaniale offre plus de 600 hectares d’ombre, de mousse et de clairières magiques. Parcours balisés, site naturel classé, elle héberge une flore rare (orchidées sauvages, fougères géantes) et une faune abondante (blaireaux, pics verts…).
  • Le Bois Magneux à Faverolles : moins fréquenté, connu surtout des locaux pour ses sentiers labyrinthiques et ses tapis d’anémones au printemps.

À noter : la cueillette des champignons est tolérée en forêt communale, toujours avec bon sens (et carnet mycologique en poche si besoin !). Demandez conseil aux habitués, la prudence étant mère de nature !

Le bocage, entre nostalgie et biodiversité retrouvée


Dans la région de Roye, certaines haies touffues et petits bocages rappellent l’époque où tout chemin était bordé d’aubépines et de noisetiers. Ces paysages, même fragmentaires, sont essentiels à la biodiversité. Près de Grivillers ou L’Échelle-Saint-Aurin, on trouve encore d’anciennes haies refaites par des associations locales. L’occasion rare de croiser un hérisson, des oiseaux de haie (pies-grièches, mésanges), ou d’admirer la floraison printanière.

  • Bon plan pédagogique : Au printemps, des chantiers-nature sont organisés pour la remise en état de ce bocage (sources : Picardie Nature, CPIE Vallée Somme).

Le circuit des marais de la Noye : immersion en vallée secrète


À quelques kilomètres à l’ouest de Roye, la rivière Noye, discrète affluente de l’Avre, serpente au cœur de marais anciens. Les marais de La Faloise et d’Ailly-sur-Noye sont deux véritables petits écosystèmes. Sur quelques hectares seulement, on y croise libellules, poules d’eau, rainettes, et parfois, avec un peu de chance, une loutre de passage.

  • Des passerelles de bois permettent d’observer sans troubler ; le silence ici n’est rompu que par le chant des grenouilles et le souffle du vent.
  • En été, on y organise parfois des balades natures commentées, parfaites pour apprendre à décrypter la vie du marais (informations sur les sites des Offices de Tourisme locaux).

La faune surprise : entre chevreuils et oiseaux rares


L’avantage d’un territoire peu densément peuplé ? Ici, la faune a encore droit de cité. Lors d’une escapade à l’aube ou au crépuscule, il n’est pas rare de croiser :

  • Chevreuils surgissant d’un champ de maïs
  • Lièvres dansant sur les talus au printemps
  • Faucons crécerelles suspendus au-dessus des prés
  • Et, plus rarement, une cigogne blanche en halte migratoire, ou encore un martin-pêcheur bleu électrique, au bord d’un étang tranquille
Espèce Où l’observer Période idéale
Héron cendré Vallée de la Somme, marais de la Noye Toute l’année
Chevreuil Bois de Saint-Pierre-Vaast, Bocage de Grivillers Printemps, automne
Libellule déprimée Marais de Méricourt, étangs de Froissy Mai à août
Cigogne blanche Certaines années dans la vallée de la Somme Migration (mars-avril, août-septembre)

Si la photo animalière vous tente, pensez à la discrétion et à la patience : ici, la nature récompense ceux qui savent attendre.

Idées de balades : suggestions et conseils pratiques


  • Circuit “Secrets de marais” : boucle de 6 km au départ de Méricourt-sur-Somme, balisage bleu. Idéal pour familles ; jumelles recommandées.
  • Boucle nature autour de Chaulnes : 8 km, passages sur buttes et plateaux. Point de vue au lever du soleil conseillé.
  • Promenade dans le bois Magneux à Faverolles : 5 km de sentiers, anémones et ambiance mystérieuse au printemps.

Bon à savoir :

  • Les sentiers peuvent être boueux hors saison sèche (prévoir de bonnes chaussures !).
  • Respecter les clôtures et propriétés privées, chiens tenus en laisse en période de reproduction.
  • Pour les personnes à mobilité réduite, certains sites sont partiellement accessibles : marais de La Faloise, circuit pédestre de Nesle, etc.

Oser lever la tête : la Somme, c’est aussi des ciels à perte de vue


Impossible de parler de nos paysages sans évoquer leurs ciels. Ici, ils changent toute la scène : au coucher du soleil, la lumière dore les cultures, souligne les villages, incendie les nuages. Pour les photographes, la “golden hour” est à ne pas manquer surtout sur les buttes du plateau ou le long des étangs. Les nuits d’été, loin de la pollution lumineuse, étoiles et voie lactée à profusion. De nombreuses associations locales proposent d’ailleurs des sorties “astro” ou “nuits des étoiles” (source : Astronomie en Picardie).

Envies de prolonger la découverte : ressources et bonnes adresses


  • Somme Tourisme : fiches circuits et explications.
  • France Vélo Tourisme : véloroutes et boucles conseillées.
  • Picardie Nature : événements nature et recensement faune locale.
  • Offices de tourisme de Chaulnes, Nesle ou Roye : guides papier gratuits, renseignements sur les sites naturels.

Il suffit parfois de se laisser surprendre par un chemin ombragé, d’écouter battre le silence, de guetter un vol de héron ou le passage furtif d’un chevreuil. La Somme autour de Roye, dans sa discrétion, offre ce luxe rare de se croire “loin de tout”, à deux pas de la maison. À chacun d’aller, à son tour, pousser la porte de ces paysages – et d’y revenir, encore, et encore.

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