Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
Roye se niche au cœur de la plaine picarde, traversée par l’Avre et jalonnée de bocages, de petits bois, de talus et de haies. Cette diversité de décors naturels doit beaucoup à l’histoire agricole et rurale de la région, ainsi qu’à la volonté de préserver des paysages de tradition. Ici, l’arbre protège du vent, marque la limite de la parcelle, borde la mare ou sert tout simplement de repère dans la brume matinale.
La présence d’essences variées n’a rien d’anecdotique : elle découle d’un patrimoine forestier ancien, de l’adaptabilité des espèces à nos sols argilo-calcaires ou limoneux, et du savoir-faire rural (source : Inventaire Forestier National, IGN).
Au sommet de la hiérarchie végétale locale : le chêne. Ici, c’est surtout le quercus robur, ou chêne pédonculé, qui règne dans les massifs forestiers (bois de Fresnoy, bois d’Omiécourt…). Solide, large, accueillant les chouettes et les écureuils, il peut atteindre 20 à 30 mètres de haut et vivre plusieurs siècles. On le repère à ses feuilles lobées, à ses glands sur de longs pédoncules, égrenés à l’automne. C’est aussi un arbre symbole dans la Somme, choisi autant pour la charpente des fermes que pour signaler l’entrée d’un village.
En forêt, un autre géant s’invite : le hêtre (fagus sylvatica). Moins répandu que le chêne dans l’ensemble de la région, il s’impose pourtant dans certains bois, notamment ceux donnant sur le plateau. Son tronc lisse et gris, ses feuilles musicales sous la brise, ses faînes croquantes à l’automne : le hêtre imprime une atmosphère nordique, un peu mystérieuse. On le prise aussi bien pour l’ombre estivale de son houppier que pour la lumière qu’il laisse filtrer l’hiver, branchages nus.
Peu de balades sans rencontrer le charme (carpinus betulus), arbre aux feuilles « tressées » (ondulées, régulières) et au port élégant. Il structure de nombreux sous-bois avec le hêtre, offre des haies denses où nichent rouge-gorges et merles et marque la transition entre la forêt profonde et les champs ouverts. Les anciens le taillaient « en têtard » pour la récolte de bois de chauffage, d’où la forme parfois étrangement boursouflée de certains spécimens près de Goyencourt ou à l’orée d’Etelfay.
Vous l’avez sûrement remarqué : le frêne (fraxinus excelsior) affectionne les lisières, les talus, les alignements de bord de route. Il pousse vite, forme de longues allées claires au printemps et, en automne, il jonche nos chemins de samares (ces « hélicoptères » que les enfants ne se lassent pas de faire tournoyer). Le frêne est aussi un marqueur écologique : il signale souvent la présence d’eau souterraine, et s’invite donc dans les vallées de l’Avre, la Luce ou du Matz.
Autre silhouette emblématique de chez nous, le peuplier (populus nigra, populus alba etc.) colonise bordures, ruisseaux et point bas. Symbole des reboisements industriels d’après-guerre et des peupleraies pour l’industrie papier, il reste un repère horizontal dans le paysage. Les variétés cultivées pour la filière bois alternent avec de véritables « vieux gars », feuillage bruissant au vent. Son bois tendre, très clair, a longtemps servi pour les cageots, la pâte à papier, les palissades.
| Espèce | Occurence | Signe particulier |
|---|---|---|
| Tilleul | Présent près des places, écoles, églises | Fleur odorante, « arbre à palabres » des assemblées locales |
| Érable sycomore, plane | Haies, bords de routes, parcs | Feuilles palmées, samares en hélice, très mellifère |
| Aubépine, prunellier | Haies bocagères, lisières de champs | Floraison printanière blanche, baies rouges automne, refuge pour avifaune |
| Saule (blanc, marsault…) | Bords de mares, zones humides | Feuillage souple, très utile à la vannerie et pour stabiliser les berges |
On croise aussi ici ou là le noyer, le merisier et même le bouleau, mais leur rôle paysager n’est pas aussi marqué que celui de leurs aînés. Certains de ces arbres sont « patrimoniaux » à l’échelle du village, car plantés lors d’événements historiques, de commémorations ou comme arbres de la liberté (notamment pour certains tilleuls, sources locales Roye Histoires et Mémoires).
La carte d’identité arborée de la région n’est pas immuable. Au gré de l’évolution agricole (remembrement dans les années 60), de l’urbanisation ou des enjeux environnementaux, le nombre d’essences, la forme des haies, la place du bocage varient. Aujourd’hui, plusieurs programmes visent à restaurer les haies champêtres, à (re)planter des arbres fruitiers anciens ou à réintroduire les espèces oubliées. La gestion différenciée des espaces communaux (cimetières, écoles, talus municipaux) encourage aussi la diversité naturelle.
Sortir, lever les yeux, apprendre à reconnaître les essences… c’est s’ouvrir une fenêtre sur l’histoire du pays, comprendre les liens entre l’homme et le vivant. Les arbres qui bordent Roye, ce sont autant de repères pour s’orienter que de témoins silencieux de la vie locale : sentinelles lors des grandes invasions, protecteurs des cultures, compagnons de jeu ou réservoirs de mémoire sensorielle.
En flânant au printemps sous les tilleuls en fleur, ou en ramassant des glands dans la forêt d’automne, on mesure la place de l’arbre dans nos vies. Sa capacité à se réinventer, résister, et tisser du lien entre les générations. Et si demain, chacun faisait la liste des arbres du bout de sa rue ? Roye serait encore plus belle, peuplée de ses géants discrets.