Impossible de passer à côté des coquelicots (Papaver rhoeas) au sommet de leur gloire en mai-juin ! Véritables vedettes des photos printanières, ils tapissent les bords de routes, ondulent tout contre les blés verts, comme une nappe ininterrompue de rouge profond. Il paraît qu’ils étaient nettement plus présents avant les années 1980, avant l’essor des produits phytosanitaires. Pourtant, grâce aux bandes enherbées et aux parcelles laissées en jachère, le coquelicot regagne du terrain (source : National Geographic).
Au cœur des mêmes champs, la marguerite commune (Leucanthemum vulgare) fait front en blanc et jaune, fidèle compagne des fêtes de village et des bouquets champêtres d’un autre temps. Elle attire quantité de papillons, et son capitule ensoleillé n’a pas changé depuis qu'on en effeuillait les pétales pour jouer au célèbre "je t’aime, un peu, beaucoup...".
Dans leur sillage, les bleuets (Centaurea cyanus) rivalisent de délicatesse. Autrefois omniprésents, ils ont décliné avec l’intensification agricole, mais trouvent aujourd’hui refuge sur les talus peu travaillés et dans quelques cultures « propres ». Leur bleu franc, presque flashy au soleil, tranche littéralement sur la mer verte des céréales. Ils sont d’ailleurs le symbole des anciens combattants, surnommés les « Bleuet de France » après la Grande Guerre (source : France Bleu).
À ces stars s’ajoutent mille autres signatures végétales, qui font la richesse de nos balades :
- la carotte sauvage (Daucus carota), ombelle immaculée parfois couverte d’un minuscule point rouge au centre
- la vipérine (Echium vulgare), tiges d’un bleu profond hérissées de poils rêches
- la campanule raiponce (Campanula rapunculus), clochettes violacées graciles dans les herbes hautes
- la liseron des champs (Convolvulus arvensis), qui s’enroule autour des tiges voisines avec finesse
- le sainfoin (Onobrychis viciifolia), petites grappes roses prisées des bourdons