Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
S’il y a bien un legs qui saute aux yeux, c’est celui des années 1920-1930. Car Roye, comme beaucoup de villes de la Somme, a payé un lourd tribut à la Première Guerre mondiale. Mairie incendiée, église détruite, habitations rasées : près de 85 % de la ville est à reconstruire en 1918 (source : Ministère de la Culture, base Mérimée).
À la barre : Jules Ternynck (maire de 1919 à 1935). Il est de ceux qui ont relevé Roye à mains nues ou presque, épaulant les sinistrés tout en œuvrant pour la modernisation. Sous son impulsion :
Ternynck, on lui doit aussi d’avoir su composer avec les contraintes financières du programme Tabuteau (aides nationales aux régions sinistrées) — un équilibre subtil entre pression des ministères, besoins de la population et l’urgence de tout rebâtir, parfois sur des ruines fumantes (source : “Roye, de la Ruine à la Reconstruction”, Gilles Lucand, 2004).
Avec le boom des années cinquante et soixante, Roye va s’industrialiser, s’agrandir, inventer de nouveaux équipements : écoles, foyers jeunes travailleurs, gymnases… Derrière cette mutation, un maire se distingue : Gabriel Fauquet (1953-1977). Nom à résonance familière pour beaucoup d’entre nous (qui n’a pas assisté à son fameux “discours du 11 novembre” ou vu fleurir la fresque à son nom ?).
Quelques-unes de ses réalisations phares :
Sous son mandat, Roye change de visage. La ville s’ouvre, s’équipe, se “désenclave” et accueille de nouveaux habitants venus du monde rural. Ceux de sa génération se souviennent d’ailleurs de ses talents d’orateur et de son redoutable sens du compromis.
Les années quatre-vingt traversent un tournant difficile : crise du textile, marasme économique, explosion du chômage. La population décline (on passe de 7 920 habitants en 1975 à 7 011 en 1990, source : INSEE). Face à l’urgence sociale, Jean-Louis Demaret (1983-2001) va orienter la politique municipale vers le “vivre ensemble” et la reconquête urbaine.
Demaret aura su, à l’écoute des habitants, jouer la carte de l’innovation sociale et culturelle, tout en cherchant à garder l’âme populaire de Roye. L’initiative la plus marquante à ses débuts reste sans doute la sauvegarde des marchés hebdomadaires et le retour de la fête de la Saint-Jean, qui rythment encore le calendrier.
On se doit d’évoquer quelques figures plus anciennes ou restées parfois un peu dans l’ombre, mais dont on parle encore dans les écoles ou à la terrasse du café.
Impossible aussi de ne pas citer des anecdotes savoureuses, plus “folkloriques” mais révélatrices de la fibre locale. Saviez-vous que sous la mandature de Louis Paquet (maire éphémère en 1884), la ville avait inauguré, dans la confusion la plus totale, sa première fête foraine “modernisée” (avec… une grande roue manuelle, venue de Lille) ?
Les dernières décennies montrent des maires tentant de concilier histoire et enjeux nouveaux. Jacques Fleury (2001-2014), par exemple, s’est distingué par le lancement du projet “Roye, Ville Fleurie” (3 fleurs obtenues en 2012, jury national des villes fleuries), la modernisation du marché couvert, la valorisation touristique du patrimoine (restauration de la porte de Bretagne et du chemin de halage, nouveaux circuits pédestres balisés, source : “Le Courrier Picard”, parutions 2011-2013).
Depuis 2014, Pascal Delnef, actuel maire, met l’accent sur :
Ce qu’on observe, outre la gestion des grandes crises ou le béton des infrastructures, c’est ce fil rouge : faire de Roye une ville “à taille humaine”, capable d’accueillir, de rassembler… et d’inventer sa propre manière de résister au temps qui passe.
Le poids des mandats successifs n’est pas qu’une affaire de plaques sur les murs ou de bustes dans la salle des mariages : il résonne dans nos agendas festifs, nos balades dominicales, nos souvenirs de jeunesse sous la halle, et même dans le nom de nos écoles ou quartiers. À chaque époque, ses défis, ses solutions, ses élans et ses hésitations.
Les maires marquants n’ont pas toujours été ceux des grandes victoires électorales, mais ceux qui ont su écouter, relier, prendre des risques pour faire tenir debout la communauté. Si nos rues, nos stades ou notre patrimoine suscitent encore la fierté, c’est en partie grâce à cette histoire partagée, qui continue de s’écrire sous nos yeux. À nous, habitants ou curieux de passage, de cultiver cette mémoire et, qui sait, de participer un jour à l’œuvre collective du Roye de demain.
Sources :