Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
Au fil des siècles, le bocage picard a façonné l’allure de nos campagnes, alternant champs, pâtures et haies épaisses. Les haies bocagères servent à la fois de barrières, de coupe-vents naturels, de marqueurs de propriété, mais surtout de refuges irremplaçables pour la faune. À l’heure où ces paysages rétrécissent sous la pression de l’agriculture intensive, celles qui subsistent ont valeur de sanctuaire.
Ce paysage, à la fois familier et résolument vivant, fait partie intégrante de notre identité locale et mérite qu’on y plonge un œil différent.
La liste est plus longue qu’on pourrait le croire. Si l’on pense immédiatement au hérisson (notre vedette à piquants), d’autres pensionnaires, moins connus mais tout aussi charmants, vivent sous la ramure et dans le fouillis végétal.
Impossible de ne pas débuter par la coqueluche des jardins. Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) se faufile entre les touffes d’orties et les tas de feuilles à la recherche de coléoptères, limaces et vers de terre. Animal crépusculaire voire nocturne, il peut parcourir plusieurs kilomètres en une seule nuit pour se nourrir ou trouver un partenaire. Signe de vitalité : selon la LPO, la Picardie accueille une bonne densité de hérissons, malgré une nette baisse nationale ces deux dernières décennies (France Nature Environnement).
Les musaraignes semblent être des rongeurs, mais appartiennent à un autre ordre : celui des insectivores. Musaraigne commune (Sorex araneus), musaraigne pygmée, ou musaraigne à dents blanches : toutes sont de redoutables prédatrices d’insectes, de larves et parfois de petits gastéropodes.
Rien de plus commun (et pourtant essentiel) dans notre bocage que le campagnol (notamment Microtus arvalis). Ce petit rongeur fouisseur forme de véritables galeries sous la végétation, participant à l’aération du sol… et servant de proie à tout un bataillon de prédateurs (rapaces, renards, fouines…).
Dans les haies de chênes, de hêtres ou de noisetiers bien conservés, le muscardin (Muscardinus avellanarius) fait figure de perle rare. Petit rongeur doré, plus fréquemment observé en lisière de bois, il est présent dans les haies bocagères suffisamment large et connectées. Il se nourrit surtout de noisettes, baies et bourgeons (Mammifères de Nord-Pas-de-Calais). Un animal d’autant plus précieux que ses populations régressent en France.
La fouine (Martes foina) et la belette sont moins appréciées des éleveurs, mais jouent un rôle clé dans la régulation des micro-mammifères et oiseaux. Elles utilisent la haie comme zone de chasse, d’abri et parfois de déplacement stratégique. Très mobiles et vives, elles sont difficiles à observer, mais laissent parfois des traces : empreintes fines, excréments ou restes de proies.
Le bocage, si typique de la Somme et du Santerre, a toutefois souffert du remembrement intensif des années 60-70. D’après l’INRAE, la France a perdu près de 70 % de ses haies depuis l’après-guerre, une tendance qui affecte aussi le Roye local (INRAE).
Cependant, des initiatives locales – concours de haies fleuries, actions menées par la Communauté de Communes du Grand Roye, plantations scolaires – permettent parfois d’inverser la tendance, à petite échelle (Communauté de Communes du Grand Roye).
Ils ne se laissent pas facilement photographier, mais quelques astuces permettent de deviner leur présence ou, avec un peu de chance, de les apercevoir :
Pour aller plus loin, des associations (LPO, Picardie Nature) organisent de temps en temps des inventaires participatifs et des balades naturalistes – n’hésitez pas à consulter leurs sites pour voir si des événements sont prévus près de Roye.
Partout autour de Roye, chaque haie bocagère est un fil tissé entre les générations, les terroirs, la nature et l’imaginaire. Prendre soin de ce petit patrimoine invisible, c’est s’assurer que le hérisson continuera ses roulades nocturnes, que les musaraignes chasseront les insectes sous les ronces, que le muscardin remuera le feuillage à la recherche d’une noisette à chaparder. Pourquoi ne pas arrêter la tondeuse une fois ou deux, laisser courir les branches et, qui sait, s’inventer des rendez-vous félins ou piquants au coin du jardin ?
Le bocage n’a pas tout à fait disparu du Santerre : à nous – promeneurs, voisins, curieux, petits et grands – de garder l’œil ouvert et la haie vivante. Pour les petits mammifères, et pour le plaisir d’un quotidien un peu plus animal.