La liste est plus longue qu’on pourrait le croire. Si l’on pense immédiatement au hérisson (notre vedette à piquants), d’autres pensionnaires, moins connus mais tout aussi charmants, vivent sous la ramure et dans le fouillis végétal.
Le hérisson d’Europe : le farfadet nocturne
Impossible de ne pas débuter par la coqueluche des jardins. Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) se faufile entre les touffes d’orties et les tas de feuilles à la recherche de coléoptères, limaces et vers de terre. Animal crépusculaire voire nocturne, il peut parcourir plusieurs kilomètres en une seule nuit pour se nourrir ou trouver un partenaire. Signe de vitalité : selon la LPO, la Picardie accueille une bonne densité de hérissons, malgré une nette baisse nationale ces deux dernières décennies (France Nature Environnement).
- Rôle écologique : Régulateur des populations de limaces et d’insectes.
- Anecdote : Les nuits de juillet, il n’est pas rare d’entendre son grognement singulier ou de le surprendre dans la lumière d’une lampe torche !
Les musaraignes : minuscules mais fameuses chasseuses
Les musaraignes semblent être des rongeurs, mais appartiennent à un autre ordre : celui des insectivores. Musaraigne commune (Sorex araneus), musaraigne pygmée, ou musaraigne à dents blanches : toutes sont de redoutables prédatrices d’insectes, de larves et parfois de petits gastéropodes.
- Poids plume : Certaines espèces ne dépassent pas 10 grammes ! Leur cœur peut battre jusqu’à 1 200 fois par minute.
- Discrètes : Elles vivent cachées sous les tas de feuilles, moussages ou même dans le liseré d’un vieux mur au pied d’une haie.
Le campagnol des champs et des haies : la star des souterrains
Rien de plus commun (et pourtant essentiel) dans notre bocage que le campagnol (notamment Microtus arvalis). Ce petit rongeur fouisseur forme de véritables galeries sous la végétation, participant à l’aération du sol… et servant de proie à tout un bataillon de prédateurs (rapaces, renards, fouines…).
- Multiplicateur de vie : Si le campagnol peut parfois causer quelques dégâts aux cultures, il alimente toute une chaîne alimentaire qui dépend de ses populations.
- Curiosité locale : Les pelotes de réjection trouvées au pied des haies livrent parfois les crânes minuscules de ces rongeurs !
Le muscardin : l’écureuil doré, méconnu et rare
Dans les haies de chênes, de hêtres ou de noisetiers bien conservés, le muscardin (Muscardinus avellanarius) fait figure de perle rare. Petit rongeur doré, plus fréquemment observé en lisière de bois, il est présent dans les haies bocagères suffisamment large et connectées. Il se nourrit surtout de noisettes, baies et bourgeons (Mammifères de Nord-Pas-de-Calais). Un animal d’autant plus précieux que ses populations régressent en France.
- Nid en boule : Il construit des nids sphériques dans la végétation, parfois repérables au ras du sol ou en hauteur dans la haie.
- Espèce protégée : Sa présence témoigne d'une haie bocagère en bonne santé.
La fouine et la belette : petits carnassiers d’élite
La fouine (Martes foina) et la belette sont moins appréciées des éleveurs, mais jouent un rôle clé dans la régulation des micro-mammifères et oiseaux. Elles utilisent la haie comme zone de chasse, d’abri et parfois de déplacement stratégique. Très mobiles et vives, elles sont difficiles à observer, mais laissent parfois des traces : empreintes fines, excréments ou restes de proies.
- La fouine : Parfois surnommée « la maligne des granges », se nourrit de rongeurs mais aussi d’insectes, d’œufs… voire de fruits tombés.
- La belette : Redoutable chasseuse dont le territoire peut couvrir plusieurs kilomètres de haies.
Et aussi…
- L’écureuil roux, qui effectue parfois des passages furtifs, à la recherche de glands ou de noisettes.
- Le mulot sylvestre, agile grimpeur, grand amateur de graines et d’insectes.
- La taupe d’Europe : reine souterraine qui, sans vivre directement dans la haie, fréquente avec assiduité ses abords, profitant des sols non tassés.