Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
On les appelle souvent « mauvaises herbes ». Pourtant, dans la Somme comme ailleurs, les plantes des chemins et des talus sont une vraie galerie de portraits : elles protègent les sols de l’érosion, abritent insectes et oiseaux, ou servent même – qui l’eût cru ? – d’herbier officieux pour la mémoire collective. D’après le Conservatoire Botanique National de Bailleul, on compte plus de 900 espèces végétales rien que dans la Somme (cbnbl.org) ! En bord de champ, le sol n’est ni totalement sauvage ni cultivé : il laisse donc place à toute une communauté de plantes très « locales », parfois rustiques, parfois rares.
Impossible d’ignorer cette icône champêtre, qui réchauffe chaque début d’été d’un rouge éclatant. À Roye, du côté de la vieille route de Mézières, il n’est pas rare d’apercevoir de véritables tapis de coquelicots. Longtemps compagnon des blés et de l’orge, le coquelicot est aussi un témoin précieux : il signale des sols remués, souvent calcaires, pas trop pollués. Son histoire locale nous rappelle le temps où les champs n’étaient pas « nettoyés » aux herbicides et où chaque moisson se faisait sous le regard des petites corolles rouges. Fait méconnu : le coquelicot héberge chenilles et abeilles sauvages, cruciales pour la pollinisation (Tela Botanica).
Elle n’a pas franchement bonne presse, l’ortie, pourtant elle nourrit et soigne. C’est la reine des remblais, là où le sol est un peu riche et perturbé. Sur les talus des petites routes sortant de Roye – direction Bouillancourt ou L'Échelle-Saint-Aurin –, on la tutoie à chaque détour. Pourquoi tant d’orties ? Parce qu’elles aiment l’azote, souvent apporté par les élevages, et que leur présence est aussi un indicateur de l’activité agricole. Ecologiquement, c’est un trésor : ses feuilles nourrissent plus de 40 espèces de papillons français, selon l’INPN (INPN). Chez les anciens, l’ortie servait à tout : soupe, engrais, fibres textiles… Petite astuce : début de printemps, jeunes pousses = parfait pour une soupe verte délicieuse, façon grand-mère.
Son nom vient du héros Achille, qui aurait, dit-on, soigné ses soldats avec cette plante après la guerre de Troie. Dans la Somme, l’achillée blanchit les bords de route entre juin et septembre. Elle affectionne les chemins secs, parfois caillouteux. Sur la plaine entre Roye et Amiens, ses corymbes blanches vous feront parfois croire à de la dentelle posée sur l’herbe fatiguée. On la reconnaît à ses feuilles très découpées, comme un plumetis. Utilisée en infusion contre les petits bobos, elle réchauffe aussi les anecdotes locales : quiconque tombait sur un bouquet d’achillée, disait-on, était protégé des orages d’été !
Moins célèbre mais tout aussi typique, la reine-des-prés aime les fossés humides et les bords de ruisseaux – pensez au Frétoy ou au Cessières tout proches. Son parfum d’amande ne passe pas inaperçu, ni ses élégantes floraisons blanc crème qui dominent la végétation au cœur de l’été. Autrefois, on la glissait dans les oreillers pour parfumer la chambre ou calmer les nuits agitées (merci l’acide salicylique !). Aujourd’hui, on la retrouve en randonnée, près des zones humides que la Somme protège avec soin.
Impossible de ne pas mentionner le bleuet, compagnon de route du coquelicot. Moins présent qu’autrefois, victime des modifications agricoles, il n’en reste pas moins cher au cœur picard. Fleur symbole de la mémoire, associée aux anciens combattants et à la campagne française, il parsème encore les talus bien exposés, particulièrement du côté de Liancourt-Fosse. Sa rareté aujourd’hui en fait un petit événement botanique à chaque apparition. C’est aussi un réservoir de nectar pour abeilles et papillons ! (MNHN).
Au-delà du folklore, toutes ces plantes sont des indicateurs précieux. Leur présence, ou leur disparition, témoigne des transformations agricoles, de la pollution, ou – a contrario – du maintien d’une agriculture "raisonnable". Le bleuet était omniprésent avant la mécanisation et l’arrivée massive des herbicides dès les années 60 (source : Actu Environnement). Aujourd’hui, la moindre touffe échappée d’un talus signale des zones moins traitées, ou le retour de pratiques plus douces. Même l’ortie, si envahissante, a sa place : elle inspire l’agriculture biologique (purin d’ortie, emploi en répulsif, etc.).
Petite confidence de jardiniers locaux : certains vieux de Roye ne désherbent jamais le pied de leurs clôtures. Motif ? « Ça attire les abeilles, c’est bon signe. » D’autres, plus pratiques, récoltent leurs orties chaque printemps pour des tartes ou corvées d’engrais maison. Sentir la reine-des-prés en longeant les petits rus ? Pour certains, ça évoque l’enfance. On croise encore, parfois lors des marchés ou des fêtes de villages, des bouquets d’achillée ou de bleuet, cueillis « pour le plaisir », simplement pour fournir à la maison un air de campagne... Même le chemin de randonnée entre Roye et Fresnoy-les-Roye devient à la belle saison un véritable herbier ambulant à qui sait regarder.
On a trop souvent tendance à dédaigner ces plantes parfois envahissantes, parfois banales. Leur préservation est pourtant essentielle, à plus d’un titre :
Roye et ses alentours ont encore bien des histoires végétales à offrir ! Au fil des saisons, les chemins se transforment : glycine sur les vieux murs, primevères printanières, grands ombellifères en été... La diversité est telle qu’on découvre chaque année de « nouvelles » vieilles connaissances, issues des souvenirs familiaux ou de promenades inspirantes. Recueillir cette mémoire vivante, c’est aussi un peu protéger notre coin de Picardie.
Et si, bientôt, chaque balade devenait une chasse au trésor botanique ? Voilà peut-être la plus belle invitation à se promener, s’arrêter, observer, reconnaître… Pour que les talus de Roye restent toujours ces jolis tiroirs secrets, pleins d’histoires et de couleurs à partager.