Le coquelicot – Papaver rhoeas
Impossible d’ignorer cette icône champêtre, qui réchauffe chaque début d’été d’un rouge éclatant. À Roye, du côté de la vieille route de Mézières, il n’est pas rare d’apercevoir de véritables tapis de coquelicots. Longtemps compagnon des blés et de l’orge, le coquelicot est aussi un témoin précieux : il signale des sols remués, souvent calcaires, pas trop pollués. Son histoire locale nous rappelle le temps où les champs n’étaient pas « nettoyés » aux herbicides et où chaque moisson se faisait sous le regard des petites corolles rouges. Fait méconnu : le coquelicot héberge chenilles et abeilles sauvages, cruciales pour la pollinisation (Tela Botanica).
L’ortie – Urtica dioica
Elle n’a pas franchement bonne presse, l’ortie, pourtant elle nourrit et soigne. C’est la reine des remblais, là où le sol est un peu riche et perturbé. Sur les talus des petites routes sortant de Roye – direction Bouillancourt ou L'Échelle-Saint-Aurin –, on la tutoie à chaque détour. Pourquoi tant d’orties ? Parce qu’elles aiment l’azote, souvent apporté par les élevages, et que leur présence est aussi un indicateur de l’activité agricole. Ecologiquement, c’est un trésor : ses feuilles nourrissent plus de 40 espèces de papillons français, selon l’INPN (INPN). Chez les anciens, l’ortie servait à tout : soupe, engrais, fibres textiles… Petite astuce : début de printemps, jeunes pousses = parfait pour une soupe verte délicieuse, façon grand-mère.
L’achillée millefeuille – Achillea millefolium
Son nom vient du héros Achille, qui aurait, dit-on, soigné ses soldats avec cette plante après la guerre de Troie. Dans la Somme, l’achillée blanchit les bords de route entre juin et septembre. Elle affectionne les chemins secs, parfois caillouteux. Sur la plaine entre Roye et Amiens, ses corymbes blanches vous feront parfois croire à de la dentelle posée sur l’herbe fatiguée. On la reconnaît à ses feuilles très découpées, comme un plumetis. Utilisée en infusion contre les petits bobos, elle réchauffe aussi les anecdotes locales : quiconque tombait sur un bouquet d’achillée, disait-on, était protégé des orages d’été !
La reine-des-prés – Filipendula ulmaria
Moins célèbre mais tout aussi typique, la reine-des-prés aime les fossés humides et les bords de ruisseaux – pensez au Frétoy ou au Cessières tout proches. Son parfum d’amande ne passe pas inaperçu, ni ses élégantes floraisons blanc crème qui dominent la végétation au cœur de l’été. Autrefois, on la glissait dans les oreillers pour parfumer la chambre ou calmer les nuits agitées (merci l’acide salicylique !). Aujourd’hui, on la retrouve en randonnée, près des zones humides que la Somme protège avec soin.
Le bleuet – Centaurea cyanus
Impossible de ne pas mentionner le bleuet, compagnon de route du coquelicot. Moins présent qu’autrefois, victime des modifications agricoles, il n’en reste pas moins cher au cœur picard. Fleur symbole de la mémoire, associée aux anciens combattants et à la campagne française, il parsème encore les talus bien exposés, particulièrement du côté de Liancourt-Fosse. Sa rareté aujourd’hui en fait un petit événement botanique à chaque apparition. C’est aussi un réservoir de nectar pour abeilles et papillons ! (MNHN).
D’autres compagnes fidèles
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L’épiaire des bois : feuillage doux, fleurs pourpres, elle comble le pied des haies.
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Le séneçon commun : jaune pétant, toxique pour les chevaux mais irremplaçable pour une foultitude de coléoptères.
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Les silènes : délicates, roses ou blanches, elles s’ouvrent dès la tombée du soir sur les layons autour des villages.
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Le sureau noir : arbuste prolifique, fruits pour la gelée et parasols improvisés pour merles et moineaux.
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La grande berce : géante du talus, tiges creuses et ombelles blanches, parfaite pour les souvenirs d’enfance (lance-pierres improvisés !).