Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
Le 7 mars 1917, quand les premières troupes françaises reprennent Roye, elles découvrent une ville fantôme. Entre 1914 et 1917, la commune a été le théâtre d’âpres combats, tenue par les Allemands puis pilonnée par l’artillerie. Les chiffres donnent le vertige :
C’est tout un patrimoine, fruit de siècles, qui s’effondre en quelques mois. Les photographies d’époque (archives de la Bibliothèque nationale de France – Gallica) montrent un paysage lunaire, hérissé de moignons de murs et de cheminées solitaires. Mais c’est aussi le point de départ d’une aventure collective hors du commun.
Comment relever une ville entière ? Sitôt la guerre achevée, Roye bénéficie du vaste mouvement de solidarité mis en place par l’État français. La ville reçoit notamment le parrainage de la ville de Neuilly-sur-Seine, qui l’aide financièrement et matériellement : c’est la fameuse période du « parrainage des communes dévastées », institutionnalisée en 1920.
L’esprit est à la modernisation et à l’hygiène urbaine : on élargit les rues, on réorganise les places, on veut une ville “plus salubre et plus accueillante” (source : Archives départementales de la Somme).
La reconstruction se fait pierre après pierre, brique après brique. Plusieurs bâtiments emblématiques voient le jour ou renaissent dans leur enveloppe nouvelle :
On note aussi une volonté de confort : arrivée de l’eau courante, du tout-à-l’égout, amélioration de l’éclairage public… On construit également des “barraquements” provisoires, ces fameuses maisons en bois, héritage de la pénurie des années 1920 (le dernier exemplaire a été démonté à Roye en 1983).
La couleur du bâti change elle aussi : c’est l’âge des briques rouges, des toits à la Mansart et des décors stylisés. Roye se donne un visage « bénévole et courageux », tel que décrit dans « La Reconstruction des régions dévastées » (André Châtelain, Larousse, 1988).
Contrairement à Saint-Quentin ou Péronne, Roye ne connaîtra pas de véritable explosion démographique—la population oscillera entre 4 500 et 5 200 habitants dans l’entre-deux-guerres (source : INSEE). Beaucoup de familles exilées ne reviennent pas, d’autres s’installent dans les nouveaux quartiers périphériques dessinés au sud de la ville.
Comme un mauvais remake, la Seconde Guerre mondiale apporte sa part de ruines. En août 1944, Roye subit de nouveaux bombardements lors de la Libération. On estime à environ 120 immeubles détruits ou lourdement endommagés sur le bâti déjà reconstruit (source : archives municipales). Le moral en prend un coup, mais la machine de la reconstruction repart aussitôt : certains bâtiments seront de nouveau rebâtis ou réparés, avec cette fois une touche plus “fonctionnelle” typique des années 50–60 (on pense à certains immeubles d’habitation près de la gare).
C’est aussi à cette époque que se développe l’urbanisation de la périphérie : le quartier de la Faïencerie commence à sortir de terre dans les années cinquante, sur des anciens terrains maraîchers transformés en lotissements modernes (sources : Le Courrier Picard, archives locales).
Ceux qui s’attardent dans les rues de Roye sentiront peut-être vibrer, derrière les façades soignées ou les alignements de tilleuls, cette incroyable énergie de la reconstruction. La ville ne porte pas ses blessures comme un fardeau, mais comme une force tranquille. Les traces du chaos sont là, adoucies par la vie qui a repris le dessus, préservées dans la brique, la pierre, la mémoire des familles et les photographies accrochées dans les cafés. Pourtant, Roye avance, avec cet esprit pragmatique et créatif hérité des grands chantiers du XX siècle. Peut-être est-ce cette capacité à toujours “faire avec”, à mêler souvenirs et nouvelles ambitions, qui signe le vrai caractère royen.