Bois de chauffage à Roye : choisir, stocker et utiliser son combustible
Il faut demander le taux d’humidité, l’essence et la date de séchage, puis contrôler le bois avec un humidimètre sur une face fraîchement fendue...
À la découverte de Roye et de ses environs
Quand la guerre éclate à l’été 1914, Roye se retrouve soudain en première ligne. Située entre Amiens et les plaines de l’Oise, la ville connaît une position charnière – et donc, stratégique. D’un coup, les trains bondés, la rumeur de l’offensive allemande, puis la panique : le 30 août, Roye est occupée par les troupes ennemies (source : Mémoire des Hommes). L’occupation durera près de trois ans.
Les habitants vivent alors dans la peur et le rationnement. Quelques chiffres témoignent de la réalité du moment : sur un peu plus de 4 400 habitants au début du conflit (source : recensement INSEE 1911), une partie prend la fuite ou est déplacée – certains y trouvent refuge, d’autres y vivent « prêts à tout, mais résolus » comme le note un témoignage de l’époque (Archives Départementales de la Somme).
Sous l’occupation allemande, la vie à Roye s’organise « à la dure ». Les écoles ferment, les commerces tournent au ralenti, la mairie doit obéir aux ordres du commandement ennemi. Très vite, les habitants subissent :
Pour beaucoup, ce sont deux longues années à tenir, parfois en cachette, des petits gestes de résistance : messages clandestins, entraide discrète, caches de ravitaillement. Quelques habitantes jouent les passeuses, aidant soldats français et blessés. Le Graal ? Passer la ligne pour atteindre Amiens, restée française jusqu’en 1918 (source : témoignages recueillis dans « La Somme en guerre », Somogy Éditions d’Art).
Si la guerre a marqué Roye dès 1914, c’est l’année 1918 qui scelle son sort. Au printemps, lorsque la contre-offensive alliée se déclenche, Roye redevient un enjeu militaire. Le front évolue, la ville change plusieurs fois de mains : bombardements français pour la reprendre, bombardements allemands pour la défendre.
Le 26 mars 1918, la ville est reprise par les Allemands lors de la grande offensive du printemps (« Kaiserschlacht »). Elle restera occupée jusqu’au 26 août 1918, date à laquelle les troupes françaises la libèrent définitivement (source : Chemins de mémoire).
Selon les rapports d’après-guerre, près de 95 % des habitations sont détruites lors de la libération en août 1918 (source : Archives nationales, Commission des dommages de guerre). Roye figure parmi les « villes martyrs » de la région, aux côtés de Péronne ou Saint-Quentin.
Au-delà des destructions matérielles, la Première Guerre mondiale marque surtout la population. À Roye, 235 civils sont morts à cause de la guerre ; beaucoup d’autres ont été blessés, déportés, ou ont fui (source : monument aux morts de la ville, recoupements INSEE).
Certains gestes de bravoure sont restés gravés : le sous-préfet Jules Elby, resté sur place pour organiser la résistance administrative ; des religieuses qui transportaient des messages sous les soutanes ; des jeunes femmes qui passaient « sous le nez des sentinelles » pour faire circuler informations et vivres.
Chaque rue de Roye est potentiellement liée à une histoire, parfois tragique, parfois émouvante, qu’on a retranscrite dans les registres communaux et les journaux locaux de l'époque. Les séances du conseil municipal témoignent des efforts pour tenir bon, même sous occupation.
Dès 1919, Roye entame sa reconstruction. Une véritable « ruée vers les chantiers », parfois improvisée, souvent volontaire. Mais tout n’est pas si simple :
La reconstruction, c’est aussi le soutien financier de l’État (indemnités, « heures de solidarité » dans le département) et, plus inattendu, l’aide de la ville américaine de Hartford, dans le Connecticut, qui parrainera Roye à partir de 1921 pour aider à sa reconstruction. Des liens d’amitié naissent, toujours commémorés aujourd’hui par des plaques et quelques échanges.
Partout dans la ville, la mémoire de 14-18 imprime sa marque. Mais à Roye, la commémoration s’est voulue pudique, parfois discrète mais profonde.
Fait marquant : chaque 11 novembre, Roye perpétue la tradition d’un cortège partant de la mairie vers le monument aux morts, en passant par les rues symboliques de la libération. De nombreux jeunes participent à ces cérémonies, qui allient travail de mémoire et devoir de transmission. Cela n’a rien d’artificiel : ici, le souvenir de la guerre est un ciment, une part d’identité.
Bien sûr, la ville a changé depuis la Grande Guerre. Pourtant, en y prêtant attention, il subsiste mille signes, souvent invisibles aux non-initiés :
Des associations locales, comme « Amitiés Royennes », organisent ponctuellement des balades guidées sur les traces de 14-18 : découverte des anciens postes de guet, lecture de lettres de poilus retrouvées dans des greniers, récits de familles royennes. Des initiatives essentielles pour garder vivant le souffle du passé.
Au fil du temps, c’est une Roye résiliente et jamais oublieuse qui se dessine. On pourrait croire, en baguenaudant dans ses ruelles, qu’ici tout n’est que calme et légèreté. Mais c’est aussi, profondément, une ville forgée par la guerre, reconstruite sur ses ruines, attachée à la mémoire de ses hommes et de ses femmes qui n’ont jamais baissé les bras.
Roye porte haut le flambeau de cette mémoire. Non pas pour pleurer sur ses blessures, mais pour raconter le courage, l’espoir et la ténacité d’un territoire qui aura tout affronté — et tout reconstruit, main dans la main.