La faune sauvage autour de Roye : petites et grandes rencontres en terre picarde

28 décembre 2025


Dans la campagne autour de Roye, en lisière de Somme et de Santerre, les animaux sauvages sont bien plus proches qu’on ne l’imagine. Des chevreuils venus glaner dans les champs aux hérissons discrets de nos jardins, la faune locale est variée et parfois surprenante. Que vous profitiez des chemins de randonnée, des lisières boisées ou même de votre jardin, il est possible d’y croiser, selon les saisons :
  • Des mammifères comme le chevreuil, le sanglier, ou le discret blaireau
  • Une grande variété d’oiseaux : du rouge-gorge au milan royal, en passant par la chouette effraie et les martins-pêcheurs
  • Des renards roux déjà familiers des lisières de villages
  • De petits habitants des mares et rivières : grenouilles, tritons et couleuvres
  • Une multitude d’insectes essentiels à l’écosystème local, dont certaines espèces rares comme le lucane cerf-volant
La diversité de la faune sauvage reflète la richesse des milieux naturels qui entourent Roye : forêts, champs, prairies, étangs, haies et zones humides.

Un territoire propice à la faune sauvage : la campagne entre Santerre et vallée de l’Avre


Entre parcelles agricoles, petits bois, mares éphémères et haies séculaires, la région de Roye offre une mosaïque de milieux variés. Cette diversité façonne des habitats où la vie sauvage trouve encore sa place, malgré la présence dominante de l’agriculture. À la croisée de la Somme, de la Haute-Picardie et du Santerre, c’est tout un éventail d’animaux qui s’adaptent à la nature telle qu’on la trouve ici :

  • Des champs ouverts qui attirent cervidés et lièvres
  • Des bosquets-refuges pour les blaireaux, renards et martres
  • Des mares, fossés et rivières animés par grenouilles, libellules et salamandres
  • Des haies et vieux arbres qui servent de nurseries aux oiseaux ou aux chauves-souris

Les mammifères locaux : entre furtivité et adaptation


Chevreuils, lièvres et sangliers : les grandes silhouettes du bocage

Le chevreuil est probablement le mammifère sauvage le plus emblématique autour de Roye. Son élégance furtive et ses bonds impressionnants marquent l’imagination. D’après les données de l’Office Français de la Biodiversité, les populations de chevreuils sont en expansion dans la Somme (OFB), bénéficiant de la diversité des milieux ouverts et boisés.

Le lièvre d’Europe, un autre discret habitant, se laisse admirer de loin, le plus souvent accroupi ou filant à toute allure entre deux labours. Plus rare, mais bien présent, le sanglier laisse, lui, des indices clairs : traces de fouilles dans les champs, bandes de terre retournée au petit matin. Sa présence s’est notablement accrue ces trente dernières années – un phénomène observé dans tout le nord de la France.

Blaireau, renard, hérisson : les champions de la discrétion

Le blaireau européen apaise souvent sa vie à la lisière des bois, dans ses terriers appelés “settons”. On devine son passage à ses sentes herbeuses formant de véritables petits chemins. Le renard roux, quant à lui, s’aventure jusque dans les faubourgs et les jardins. Malgré une réputation parfois injuste, il tient un rôle précieux dans la régulation naturelle des rongeurs. Enfin, le hérisson d’Europe, petit artisan de la biodiversité, fréquente nos haies et jardins. Bien que vulnérable (chiffres de l’INPN), il reste un symbole des nuits printanières de campagne.

Petites bêtes nocturnes : fouines, martres et chauves-souris

La campagne picarde abrite aussi la fouine et la martre. Ces petits carnivores, faciles à confondre, se font surtout repérer à leur agilité dans les arbres ou leurs vocalises nocturnes. Les chauves-souris sont discrètes mais très utiles : on observe dans le Royeis le pipistrelle, qui passe la soirée à chasser les moustiques autour des lampadaires ou des vergers.

Les oiseaux remarquables : chants, passages et résidents


Des hôtes étonnants, des plus connus aux plus rares

Difficile de parler de la faune autour de Roye sans évoquer les oiseaux. Leurs chants composent la bande-son du Santerre, et ils émerveillent petits et grands observateurs. Plusieurs espèces jalonnent les saisons :

  • Rouge-gorge et merle noir, familiers de nos jardins, qui réveillent les matins de mars de leur chant clair
  • Alouette des champs, dont la spirale sonore s’élève au-dessus des blés mûrs
  • Busard Saint-Martin, rapace élégant qui patrouille au ras des cultures à la belle saison (espèce suivie par la LPO Picardie)
  • Milan royal et buse variable, visibles en vol plané, souvent au-dessus des prairies et des canaux
  • Chouette effraie et hulotte, reines mélancoliques des nuits, cachées dans les granges ou les clochers
  • Martin-pêcheur d’un bleu éclatant, furtif sur le canal de la Somme ou à l’étang de Nesle

Migrations et saisons : de grands voyageurs de passage

Au printemps et à l’automne, la région accueille ses hôtes de passage : bergeronnettes, vanneaux huppés, grives musiciennes, mais aussi parfois la cigogne blanche ou le pipit farlouse. Un spectacle fascinant que l’on peut observer près des zones humides ou lors des grands rassemblements agricoles. La LPO Picardie recense régulièrement des passages records lors de migrations automnales (LPO Picardie).

La diversité des batraciens et reptiles : des prés aux mares oubliées


Moins visibles mais tout aussi essentiels à l’équilibre écologique, grenouilles, tritons et couleuvres habitent mares, cours d’eau, fossés et étangs disséminés autour de Roye. Selon la Société Herpétologique de France (SHF) :

  • La grenouille rieuse résonne au printemps autour des mares de villages comme Laucourt ou Armancourt
  • Le triton ponctué ou crêté trouve refuge dans les points d’eau temporaires, essentiels pour leur reproduction
  • La couleuvre à collier fréquente les bords de rivières et sait souvent passer inaperçue

La préservation de ces petits habitats, bien plus fragiles qu’on ne le croit, reste une priorité pour de nombreux naturalistes locaux.

Les insectes : petites merveilles et grande utilité


On sous-estime souvent la diversité des insectes autour de Roye, alors qu’ils sont partout, essentiels et parfois menacés par la disparition des haies ou la pollution agricole. En été, c’est le ballet des papillons (paon du jour, belle-dame) et les vols lents des bourdons, mais aussi des espèces emblématiques :

  • Lucane cerf-volant : ce gros coléoptère, classé espèce protégée, se trouve notamment près des vieux bois morts
  • Sphinx tête de mort : visiteur nocturne spectaculaire, reconnaissable à son motif en forme de crâne
  • Coccinelle à sept points : alliée du jardinier et sentinelle dans les cultures céréalières

Ces insectes participent à la pollinisation, la régulation des populations de ravageurs ou le maintien de la fertilité des sols. Le Muséum national d’Histoire naturelle propose régulièrement des études de suivi sur ces espèces (MNHN).

Où et comment observer la faune sauvage autour de Roye ?


Pour qui sait marcher à pas feutrés et ouvrir grand les yeux (et les oreilles !), la campagne du Royeis se prête à d’innombrables observations. Quelques conseils pratiques pour se lancer :

  • Privilégier les heures calmes, matin ou fin de journée où mammifères et oiseaux s’activent
  • Se munir de jumelles lors des balades en lisière de bois ou en bord de champs
  • Explorer sans bruit les bords de la rivière d’Avre ou du canal du Nord
  • Être attentif aux traces : empreintes, terriers, restes alimentaires
  • Photographier sans déranger, en respectant la tranquillité des animaux
  • Impliquer les plus jeunes lors des balades, pour former de futurs protecteurs du patrimoine naturel

Certains sites sont particulièrement propices à ces découvertes : le bois d’Arvillers ou la ligne de mares entre Liancourt-Fosse et Carrépuis, la vallée de l’Avre vers Guerbigny, ou encore les zones agricoles bordées de haies anciennes.

Une faune locale précieuse… à protéger !


La richesse de la faune sauvage autour de Roye est le fruit d’un héritage naturel qu’il nous appartient de transmettre. Chaque haie arrachée ou mare comblée appauvrit la biodiversité locale. Heureusement, de nombreuses initiatives voient le jour : agriculteurs engagés dans la préservation des haies, naturalistes bénévoles de la LPO ou rassemblements comme les “Nuits de la Chouette” invitent à (re)découvrir ces trésors vivants et à comprendre leurs fragilités.

Au fil des balades, une vérité s’impose : la nature n’est jamais loin, et chaque rencontre avec ses habitants — du sanglier farouche au rouge-gorge curieux — rappelle qu’ici, dans le Royeis, la vie sauvage pulse encore, discrète mais tenace. Peut-être croiserons-nous bientôt, à votre tour, le regard insistant d’un chevreuil, ou le vol furtif d’une chauve-souris au crépuscule.

Sources : Office Français de la Biodiversité, LPO Picardie, SHF, MNHN, INPN, Muséum national d’Histoire naturelle.

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