Balades rurales : explorer la campagne de Roye autrement

8 décembre 2025

Un matin de brume sur les chemins de traverse


Il est des matins où la plaine semble s’étirer à l’infini, baignée d’une légère brume qui adoucit les formes et efface les frontières. L’appel du dehors se fait irrésistible : ici, autour de Roye, la campagne picarde invite à la flânerie, à pied, à vélo ou même à dos de cheval. Pourtant, rares sont ceux qui savent vraiment le nombre et la richesse des chemins ruraux qui quadrillent la campagne roysienne et s’offrent à toutes les curiosités.

Chemins ruraux, voies d’hier et d’aujourd’hui


L’histoire de nos chemins ressemble à celle de la région : discrète mais précieuse. Les chemins ruraux sont des voies publiques, non revêtues, parfois bordées de haies, souvent ponctuées de calvaires ou de croix, et, plus rarement, de mystérieux puits oubliés. Roye, c’est près de 60 kilomètres de ces sentiers, serpentant entre champs, bosquets et petits hameaux (Géoportail). Et si certains se noient dans l’herbe haute au creux du printemps, la plupart sont praticables toute l’année.

  • Qu’est-ce qu’un chemin rural ? C’est un bien communal ouvert à la circulation publique, destiné en priorité aux exploitants mais aussi aux promeneurs.
  • À Roye et dans ses environs : beaucoup de chemins sont issus des tracés médiévaux reliant les villages, d’anciens chemins de halage ou de “chemins creux”.

Les recensements de l’IGN confirment que la Picardie, du Santerre à la Haute-Somme, reste l’une des régions où ces voies rurales sont les plus préservées de France (IGN).

Zoom sur les itinéraires emblématiques autour de Roye


Le chemin des Tertres

Un nom qui claque comme un vieux roman, et pour cause : ce sentier sinue doucement entre Roye et L'Échelle-Saint-Aurin, sur près de 8 kilomètres. Il longe plusieurs tumuli gallo-romains (les "tertres"), témoignant de l’ancienneté de la présence humaine dans la plaine du Santerre. C’est l’occasion de croiser de vieux noyers, des rangées de peupliers, et parfois de surprendre une buse posée sur une clôture.

  • Départ : rue du Général Leclerc à Roye, direction nord-est.
  • À voir : panorama sur la vallée de l’Avre, faune locale au petit matin (chevreuils, lièvres en février).
  • Distance : 8 km (aller simple), chemins herbeux, praticables en toutes saisons.

Anecdote : il n’est pas rare, lors d’une balade au petit jour, d’apercevoir la brume “collée” sur les tertres, donnant au paysage des airs de marais mystique (et quelques superbement photogéniques, à condition de se lever tôt !).

Le circuit des quatre moulins

Moins connu des visiteurs mais populaire chez les cyclistes locaux, ce circuit relie Roye, Carrépuis, Andechy et Hattencourt sur une boucle d’une douzaine de kilomètres. Son originalité ? Il suit partiellement le tracé d’anciens moulins à vent qui faisaient la fierté du plateau au XIXe siècle (en 1852, sept moulins fonctionnaient autour de Roye d’après la société d'histoire locale).

  • Départ : place des Déportés à Roye.
  • Chemins agricoles faciles, principalement des pistes en stabilisé ou petits graviers.
  • Points d’arrêt conseillés : ruines du moulin de Carrépuis, table d’orientation aux alentours d’Andechy.

On croise souvent sur ce chemin des promeneurs cueillant des coquelicots à la belle saison, ou des coureurs qui profitent du relief tout en douceur pour varier leur entraînement.

La “suite verte” de la Vallée de l’Avre

Au sud de Roye, l’Avre serpente entre saules et peupliers, nourrissant un chapelet de petits marais et de prairies inondables. Son chemin rural, très apprécié des familles, offre un cadre ombragé, parfait pour la balade digestive ou l’observation des oiseaux. On y accède facilement depuis le parc de la Pépinière.

  • Observation régulière de hérons cendrés, de martins-pêcheurs (certains jours de début mai, soyez patients !), et même — hasard rare — de castors d’Europe selon la LPO (LPO).
  • Petit patrimoine : anciennes bornes, fontaines à l’abandon, un lavoir restauré côté Saint-Mard.
  • Itinéraire accessible, 5 à 6 km aller-retour, idéal familles.

Randos, VTT ou simple flânerie : tous les goûts dans la nature roysienne


La diversité de ces chemins permet de s’adonner à des activités variées : randonneurs du dimanche, joggeurs, vététistes ou simples curieux avides d’expériences tranquilles trouvent chaussures à leur pied.

  • À pied : près de 15 circuits balisés relient Roye à ses petits voisins – Bus-la-Mésière, Liancourt-Fosse, Gruny...
  • À vélo : la coulée verte de Roye s’intègre dans le grand itinéraire “Véloroute Vallée de la Somme” (tronçon local de 14,7 km, parfaitement accessible même aux enfants, voir Somme Tourisme).
  • À cheval : présence de deux centres équestres et d’un poney-club partenaires, proposant des sorties accompagnées (voir Roye-Equitation et Poney-Club de l’Avre).

Point notable : la communauté de communes du Grand Roye a investi dans la préservation et l’entretien de près de 45 km de chemins ruraux ces dernières années (source : rapport du Conseil départemental de la Somme, 2022).

Astuces pratiques pour profiter des chemins


  • Cartographie : les cartes IGN série Bleu (2511 O, Roye) restent la référence. On peut aussi recourir au Géoportail, pour visualiser les tracés des chemins ruraux.
  • Période idéale : le printemps pour les floraisons, l’automne pour les lumières rasantes et la chasse à l’observation des champignons (girolles notamment dans les talus humides côté Liancourt !).
  • Respect : rester sur les sentiers, refermer les clôtures derrière soi, et un petit bonjour aux agriculteurs croisés, ça passe toujours mieux !
  • Signalement : un chemin barré, impraticable ? La mairie de Roye recueille les remarques des utilisateurs, permettant parfois la réouverture de tronçons délaissés.

Bon à savoir : une convention avec la Fédération française de randonnée pédestre préserve certains chemins ruraux. L’association locale “Roye Plein Air” organise même quelques nettoyages collectifs chaque année.

Petites histoires et grandes curiosités : la mémoire des chemins


Au-delà de la légende des moulins, d’autres récits plus anciens jalonnent nos parcours : le “Chemin Palis” menant au mémorial de Framerville, utilisé par les résistants durant la Seconde Guerre mondiale ; le “Petit Chemin de la Dose”, qui tire son nom d’une coutume locale consistant à partager un verre entre voisins lors des moissons ; ou encore la “Route des Oies” empruntée jadis par les troupeaux menés au marché de Roye.

  • Patrimoine caché : stèles de la Première Guerre mondiale, anciennes bornes milliaires, arbres remarquables pointés sur les cartes IGN.
  • Carnets de route : la médiathèque de Roye conserve les récits de plusieurs instituteurs du XIXe siècle, évoquant la “grande solitude des longs après-midis de marche”, mais aussi la fraternité qui naissait aux carrefours de nos chemins (Gallica).

L’appel discret de la campagne roysienne


Explorer les chemins ruraux de Roye, c’est renouer avec une tradition ancienne : celle de la découverte à petits pas, du murmurant retour de la nature au fil des saisons. Entre bosquets, étendues céréalières et vallons paisibles, chaque sentier raconte une histoire : celles des gens d’ici, des passages oubliés, ou tout simplement des petits bonheurs de marcher ensemble, loin du bruit mais pas du monde.

Pour finir ? La campagne roysienne ne se livre jamais totalement au premier regard. Il faut se perdre un peu, suivre ces chemins qui ne mènent pas toujours quelque part... et, qui sait, s’arrêter pour écouter le vent dans les peupliers, ou entendre le cri d’une buse au loin. Le charme de Roye tient aussi à ça : un coin de Picardie à explorer, tout en nuances.

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