Papillons : des ailes de couleurs partout dans Roye
Impossible d’évoquer les insectes locaux sans parler des papillons. Dès les premiers beaux jours, ils sont les vedettes des jardins et des prairies. Le Paon-du-jour (Aglais io), avec ses ocelles bleus semblables à des yeux de paon, voltige volontiers près des orties ou des lavandes. L’Azuré commun (Polyommatus icarus), minuscule touche de bleu, fréquente les pelouses fleuries et les talus. Chez les amateurs d’observation, on admire aussi la belle Machaon (Papilio machaon), grande et jaune, souvent aperçue tournoyant au-dessus des carottes sauvages.
- Citron (Gonepteryx rhamni) : un grand classique de nos régions, identifiable par sa couleur jaune vif et ses vols zigzagants.
- Robert-le-diable (Polygonia c-album) : ailes découpées et teinte mordorée, souvent dans les haies ou près des arbres fruitiers.
- Petite tortue (Aglais urticae) : abondante dans les jardins, elle affectionne tout particulièrement les orties pour y pondre ses œufs (Source : Papillons de France).
Bon à savoir : Roye étant entouré de champs, de haies bocagères et de friches, ces papillons trouvent de nombreuses fleurs sauvages pour pondre et nourrir leurs chenilles.
Coccinelles : alliées des jardiniers, championnes du camouflage
La coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) est presque devenue le petit “porte-bonheur” officiel de la Somme. Sa carapace rouge à pois noirs cache un redoutable prédateur de pucerons – chaque adulte peut en dévorer plusieurs dizaines par jour, ce qui explique pourquoi on les trouve souvent sur les rosiers ou près des haricots, là où les colonies grignotent les feuilles.
L’arrivée (plus récente) de la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) agite parfois le monde des passionnés : plus grande, aux points variables, c’est une concurrente pour les espèces locales, mais elle est omniprésente. On croise aussi, plus discrète, la coccinelle à deux points (Adalia bipunctata), bien implantée dans nos jardins, notamment sur les herbes hautes.
Abeilles & bourdons : des pollinisateurs irremplaçables
Entre avril et septembre, il n’est pas rare d’entendre un bourdonnement discret près des fleurs sauvages ou des massifs de lavande. Les abeilles domestiques (Apis mellifera), remontent et redescendent des champs de colza, mais on trouvera aussi quantité d’abeilles sauvages. Les osmies, souvent solitaires, nichent dans les fentes du bois ou les tiges creuses.
Les bourdons, quant à eux, sont reconnaissables à leur pelage trapu et à leur vol vibrant. Le bourdon des champs (Bombus pascuorum), brun orangé, affectionne les trèfles et les liserons. Leur rôle de pollinisateur est essentiel, notamment dans la production des légumes et des fruits locaux (Source : Observatoire des Abeilles).
Libellules et demoiselles : les acrobates des eaux calmes
Proches de la rivière Avre ou des petites mares, de surprenants éclats métalliques surgissent : ce sont les libellules. L’Anax empereur (Anax imperator), grande silhouette bleue électrique, patrouille d’un bout à l’autre de l’eau. Son vol élégant impressionne petits et grands. Plus petites, les demoiselles (Calopteryx et Ischnura), fines et colorées, préfèrent les herbes au bord de l’eau (Source : OPIE).
Mantes religieuses, criquets et sauterelles : les chasseurs à longues pattes
L’un des plaisirs de l’été, c’est de surprendre une mante religieuse (Mantis religiosa) immobile dans l’herbe, ses pattes repliées en attitude de priant. Rare il y a trente ans dans la Somme, elle est désormais fréquente dans les prairies sèches, signe probable du réchauffement climatique local (Source : CNRS / INPN). Les criquets, verts ou bruns, stridulent au soleil couchant. Les sauterelles, plus fines, sautent d’une tige à l’autre et s’invitent parfois sur les balcons.