Balades minuscules : partir à la rencontre des insectes de Roye et ses alentours

9 février 2026


À Roye et dans ses environs, la vie des petits insectes anime chaque coin de verdure, des jardins familiaux aux vastes prairies picardes. Observer cette biodiversité, c’est découvrir un monde insoupçonné, riche en couleurs et en comportements surprenants.
  • Les papillons, symboles d’été, dévoilent des dizaines d’espèces, du paon-du-jour à l’azuré.
  • Coccinelles et abeilles jouent un rôle clé dans la santé des potagers et la pollinisation des fleurs.
  • Libellules, bourdons et fourmis habitent mares, pelouses ou sentiers, chacune avec ses spécificités passionnantes.
  • Certains insectes, parfois discrets comme la mante religieuse, participent à l’équilibre des écosystèmes locaux.
  • Les méthodes d’observation, respectueuses et simples, permettent à tous d’approcher ce petit monde.
Découvrir les insectes de Roye, c’est aussi mieux comprendre et protéger son patrimoine naturel, en ouvrant l’œil lors de balades ou au cœur même du jardin.

Petit bestiaire vivant : les espèces emblématiques à repérer


Papillons : des ailes de couleurs partout dans Roye

Impossible d’évoquer les insectes locaux sans parler des papillons. Dès les premiers beaux jours, ils sont les vedettes des jardins et des prairies. Le Paon-du-jour (Aglais io), avec ses ocelles bleus semblables à des yeux de paon, voltige volontiers près des orties ou des lavandes. L’Azuré commun (Polyommatus icarus), minuscule touche de bleu, fréquente les pelouses fleuries et les talus. Chez les amateurs d’observation, on admire aussi la belle Machaon (Papilio machaon), grande et jaune, souvent aperçue tournoyant au-dessus des carottes sauvages.

  • Citron (Gonepteryx rhamni) : un grand classique de nos régions, identifiable par sa couleur jaune vif et ses vols zigzagants.
  • Robert-le-diable (Polygonia c-album) : ailes découpées et teinte mordorée, souvent dans les haies ou près des arbres fruitiers.
  • Petite tortue (Aglais urticae) : abondante dans les jardins, elle affectionne tout particulièrement les orties pour y pondre ses œufs (Source : Papillons de France).

Bon à savoir : Roye étant entouré de champs, de haies bocagères et de friches, ces papillons trouvent de nombreuses fleurs sauvages pour pondre et nourrir leurs chenilles.

Coccinelles : alliées des jardiniers, championnes du camouflage

La coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) est presque devenue le petit “porte-bonheur” officiel de la Somme. Sa carapace rouge à pois noirs cache un redoutable prédateur de pucerons – chaque adulte peut en dévorer plusieurs dizaines par jour, ce qui explique pourquoi on les trouve souvent sur les rosiers ou près des haricots, là où les colonies grignotent les feuilles.

L’arrivée (plus récente) de la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) agite parfois le monde des passionnés : plus grande, aux points variables, c’est une concurrente pour les espèces locales, mais elle est omniprésente. On croise aussi, plus discrète, la coccinelle à deux points (Adalia bipunctata), bien implantée dans nos jardins, notamment sur les herbes hautes.

Abeilles & bourdons : des pollinisateurs irremplaçables

Entre avril et septembre, il n’est pas rare d’entendre un bourdonnement discret près des fleurs sauvages ou des massifs de lavande. Les abeilles domestiques (Apis mellifera), remontent et redescendent des champs de colza, mais on trouvera aussi quantité d’abeilles sauvages. Les osmies, souvent solitaires, nichent dans les fentes du bois ou les tiges creuses.

Les bourdons, quant à eux, sont reconnaissables à leur pelage trapu et à leur vol vibrant. Le bourdon des champs (Bombus pascuorum), brun orangé, affectionne les trèfles et les liserons. Leur rôle de pollinisateur est essentiel, notamment dans la production des légumes et des fruits locaux (Source : Observatoire des Abeilles).

Libellules et demoiselles : les acrobates des eaux calmes

Proches de la rivière Avre ou des petites mares, de surprenants éclats métalliques surgissent : ce sont les libellules. L’Anax empereur (Anax imperator), grande silhouette bleue électrique, patrouille d’un bout à l’autre de l’eau. Son vol élégant impressionne petits et grands. Plus petites, les demoiselles (Calopteryx et Ischnura), fines et colorées, préfèrent les herbes au bord de l’eau (Source : OPIE).

Mantes religieuses, criquets et sauterelles : les chasseurs à longues pattes

L’un des plaisirs de l’été, c’est de surprendre une mante religieuse (Mantis religiosa) immobile dans l’herbe, ses pattes repliées en attitude de priant. Rare il y a trente ans dans la Somme, elle est désormais fréquente dans les prairies sèches, signe probable du réchauffement climatique local (Source : CNRS / INPN). Les criquets, verts ou bruns, stridulent au soleil couchant. Les sauterelles, plus fines, sautent d’une tige à l’autre et s’invitent parfois sur les balcons.

Pourquoi observer les insectes ? Un atout pour la biodiversité locale


  • Forces de la pollinisation : Abeilles, syrphes et papillons contribuent chaque année à la reproduction d’une immense majorité des fleurs locales et à la pollinisation de près de 80% des cultures fruitières (Source : FAO).
  • Équilibre des populations : La présence de coccinelles, syrphes ou carabes limite naturellement les “ravageurs” et permet de réduire l’usage des pesticides – un point crucial pour la santé des sols autour de Roye.
  • Maillons de la chaîne alimentaire : Les oiseaux, hérissons, chauves-souris, mais aussi certains reptiles et amphibiens, dépendent directement des insectes pour leur alimentation.
  • Indicateurs environnementaux : La raréfaction de certains insectes, comme le lucane cerf-volant ou la luciole, signale des bouleversements dans les pratiques agricoles, la qualité de l’eau ou la gestion des bocages. C’est une sonnette d’alarme à surveiller (Source : INRAE / Muséum National d’Histoire Naturelle).

Techniques simples pour mieux observer sans déranger


  • Laisser la pelouse pousser par endroits : cela attire chenilles, papillons et petites sauterelles.
  • Installer des hôtels à insectes : tubes creux, morceaux de bois, tas de pierres... Favorisent la nidification des abeilles et coccinelles.
  • Marcher discrètement le matin : la rosée fige parfois les insectes, c'est le meilleur moment pour les repérer.
  • Utiliser une loupe ou des jumelles macro : détaillez antennes, motifs, couleurs... Un vrai plaisir pour petits et grands.
  • Observer sous les feuilles ou dans les fleurs : beaucoup d’insectes préfèrent l’ombre ou la protection des pétales.

Une règle d’or : ne jamais capturer ou déplacer les insectes durablement. Une observation respectueuse leur permet de continuer leur rôle précieux. Photographier, dessiner, noter leurs couleurs ou postures... chaque observation aide aussi la connaissance collective.

Portraits d’insectes étonnants à Roye et alentours


Nom Où l’observer ? Anecdote ou particularité
Petits chefs-d’œuvre sous nos yeux
Grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) Prés, jardins, haies broussailleuses Peut mesurer 5 à 7 cm, chante fort à la nuit tombée.
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli) Jardins, massifs de fleurs Son vol rapide évoque celui d’un colibri, visite les pétunias en soirée.
Machaon (Papilio machaon) Prairies fleuries, potagers Ses chenilles se nourrissent d’aneth ou de fenouil — avis aux jardiniers !
Fourmi noire des jardins (Lasius niger) Pelouses, sous les pierres Reine pouvant vivre plus de 10 ans si la colonie n’est pas détruite.
Luciole ou ver luisant (Lampyris noctiluca) Bords de chemin, zones peu éclairées La femelle brille la nuit pour attirer le mâle — une « lanterne » magique pour l’été.

Comment protéger ces compagnons de nos balades ?


  1. Préserver une flore variée : laisser pousser des fleurs sauvages, varier les plantations du jardin, maintenir des haies multi-espèces.
  2. Réduire l’usage des produits chimiques : moins de pesticides, c’est plus d’insectes utiles et, donc, une meilleure santé pour l’ensemble du jardin.
  3. Créer des abris naturels : tas de bois, pierres, herbes hautes, mares temporaires.
  4. Favoriser la pédagogie : apprendre aux enfants (et aux grands !) l’importance de ces petites bêtes, les familiariser avec la beauté de l’observation.
  5. Participer à des inventaires participatifs : la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ou l’OPIE proposent des programmes simples pour recenser les papillons, abeilles, etc.

Ouvrir les yeux sur la vie miniature, c’est redécouvrir Roye autrement


La beauté du territoire picard ne se révèle pas seulement dans ses églises ou son marché du samedi matin. Elle se niche aussi dans les ailes irisées d’une libellule, sur le dos moucheté d’une coccinelle, ou dans le ballet silencieux des abeilles autour des lavandes. Observer la richesse minuscule de nos jardins et prairies, c’est renouer le lien avec le vivant et découvrir des moments de poésie… à deux pas de chez soi.

La prochaine fois que l’on s’attardera près d’un massif ou au détour d’un champ, laissons-nous charmer par cette biodiversité discrète. Après tout, Roye, ce sont aussi ses petits habitants !

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