Les abeilles sauvages : championnes du local, discrètes mais infatigables
On connaît peu les abeilles autres que l’abeille domestique du miel. Pourtant, près de Roye, on peut croiser des osmies (petites abeilles qui nichent dans les trous de murs, les tiges creuses ou les hôtels à insectes), des mégachiles et des halictes, souvent confondues avec de petites mouches. Les osmies sont d’ailleurs parmi les premières à sortir au printemps. Un seul individu peut polliniser au moins 2 000 fleurs par jour (NatureParif).
Bourdons : costauds et précoces
Les bourdons terrestres (Bombus terrestris) ouvrent la saison dès le mois de mars, y compris lors de matins frisquets. Leur secret ? Leur poil dense leur permet de butiner quand les autres restent engourdis, et le vrombissement de leur vol contribue à la fameuse « pollinisation vibratile », essentielle à certaines plantes (tomates, aubergines…). En Picardie, le bourdon des champs est aussi fréquent. Il apprécie notamment les bords de chemins et lisières des grandes parcelles céréalières.
Syrphes : les mouches qui ont du style
Les syrphes, ces petites mouches au costume rayé, sont redoutablement actives, surtout sur les ombelles de carotte sauvage ou de fenouil. Présents dans les jardins comme dans les friches, ils mangent aussi quantité de pucerons à la belle saison, ce qui en fait des alliés précieux. Selon le réseau Pollinis, une trentaine d’espèces différentes de syrphes peuvent être observées en Picardie.
Papillons : élégance fragile et grands voyageurs
- Le paon du jour : souvent visible sur les orties en lisière de haies — il pond dessus et s’émerveille au soleil.
- Le moro-sphinx : ce papillon, souvent pris pour un colibri, butine en « plein vol » devant les géraniums ou lavandes. Invisible, mais fréquent dans les massifs fleuris.
- Les piérides : blanches, parfois jugées « peste des choux », elles n’en restent pas moins utiles à la pollinisation locale.
Coléoptères, cétoines et autres discrets artisans
La grande cétoine dorée (Cetonia aurata) fait parfois une halte sur les rosiers des jardins de Roye, mais aussi dans les vieux arbres ou sur les sureaux des haies. Lente et brillante, elle transporte pollen et nectar sur ses pattes puissantes. Autre coléoptère à signaler : le scarabée, efficace sur les fleurs ouvertes du printemps.