Balades ailées : les coins secrets pour observer les oiseaux autour des zones humides de Roye

26 janvier 2026


La région de Roye, au cœur de la Somme, offre des habitats riches et variés où observer les oiseaux, notamment autour de ses zones humides. Ces espaces naturels recèlent une véritable biodiversité, des migrateurs aux espèces sédentaires. Voici les points essentiels pour découvrir les oiseaux autour de Roye :
  • Les meilleurs sites de balades ornithologiques accessibles, dont la vallée de l’Avre, le marais de Fricourt et les bords du canal du Nord.
  • Les espèces phares à observer selon les saisons : hérons, canards, cigognes, passereaux, rapaces, etc.
  • Des conseils concrets pour une observation respectueuse et efficace (matériel, périodes de visite, démarches de discrétion).
  • Un aperçu du rôle des zones humides locales dans la préservation de la biodiversité picarde.
  • Des anecdotes et chiffres issus de sites spécialisés comme la LPO ou le Parc naturel régional Picardie Maritime.
Entre balades, pauses contemplatives et moments d’émerveillement, Roye et ses environs se découvrent aussi au rythme du chant des oiseaux et du vol des grandes migratrices.

Pourquoi les zones humides autour de Roye sont-elles précieuses ?


Avant de chausser les jumelles, petit point d’ambiance locale. Les zones humides, en Picardie et surtout dans la Somme, jouent un rôle écologique majeur. Elles régulent les eaux (inondations, sécheresses), filtrent naturellement les polluants et offrent un refuge incomparable à une faune qui change au rythme des saisons (source : LPO France).

  • 80 % des oiseaux présents dans la vallée de la Somme sont liés aux milieux humides.
  • Beaucoup de ces habitats sont menacés : baisse des prairies humides, étalement urbain ou intensification agricole.
  • La zone « Picardie Maritime et vallée de la Somme » est identifiée en ZICO (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) depuis 1989 (source : Natura 2000 – OFB).

Près de Roye, on retrouve cette diversité à une échelle locale et accessible à tous. À portée de bottes, voici les spots à ne pas manquer.

Les sites incontournables pour observer les oiseaux près des zones humides de Roye


1. La vallée de l’Avre : la discrète nourricière

L’Avre, c’est un peu la colonne vertébrale verte du coin. Si elle serpente surtout à l’est de Roye, ses méandres ont conservé des prairies inondables et des boires (bras morts) qui attirent nombre de volatiles. Voici un panorama rapide des sites les plus propices :

  • Pont-à-Marcq – Gué de l’Avre : Idéal tôt le matin, pour croiser hérons, poules d’eau et parfois la gracieuse spatule blanche.
  • Prairies du village de Dancourt-Popincourt : Les inondations saisonnières offrent un terrain de chasse rêvé aux cigognes et busards, surtout en fin d’hiver.
  • Bords boisés près d’Etelfay : De la sitelle torchepot au pic épeiche, c’est aussi le royaume des passereaux qui aiment les arbres morts au bord de l’eau.

À noter que ces espaces font partie d’un corridor écologique enregistré en ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique) (source : INPN).

2. Le marais de Fricourt et ses mares satellites

On s’éloigne un peu vers le nord-ouest de Roye. Ce marais, peu connu du grand public, accueille glassières, mares, et étendues semi-forestières. L’hiver, c’est le moment d’y apercevoir des garrots à œil d’or ou des sarcelles d’hiver, tandis qu’au printemps, les bruants des roseaux chantent à tue-tête.

  • Bonne période de visite : Automne-hiver pour les canards, printemps pour les chansons amoureuses des passereaux.
  • Localisation : Accessible à pied depuis le centre du village de Fricourt, parking à la mairie.

3. Les bords du canal du Nord : reflets et surprises

Le canal du Nord traverse notre paysage comme une ligne droite paisible. Ses berges, peu fréquentées, sont idéales pour des pauses d’observation. Ce sont surtout des oiseaux d’eau qui s’y retrouvent, mais la proximité de haies et petits bois attire aussi chouettes chevêches et faucons crécerelles.

  • Entre Hombleux et Nesle : Martinières, bouscarles et foulques macroules fréquentent les grèves.
  • Abords de Voyennes et Epenancourt : À la tombée du soir, on peut espérer apercevoir une loutre ou un martin-pêcheur !

4. Étangs et plans d’eau disséminés

Enfin, il ne faut pas négliger les petits plans d’eau privés, plans d’irrigation ou mares agricoles qui jalonnent la campagne autour de Roye. Quelques-uns valent un détour :

  • Étang du bois d’Arrachies : Site discret mais apprécié des grèbes et des sternes.
  • Mare de Pertain : Dès février, grenouilles et oiseaux d’eau font le concert (attention, site sensible, privilégier le respect des clôtures et l’observation à distance).

Quelles espèces peut-on espérer observer ? Focus saisonnier et petites raretés


La richesse des zones humides de la Somme se traduit par un éventail impressionnant d’oiseaux. À Roye, on rencontre :

  • Les classiques de la région : Hérons cendrés, canards colverts, foulques macroules, grèbes castagneux.
  • Les migrateurs de passage (printemps et automne) : cigognes blanches, spatules, bécassines des marais, sarcelles d’hiver.
  • Les discrètes raretés : butor étoilé (repéré en 2018 près du marais de Fricourt selon la LPO Picardie), râle d’eau, et parfois la bondrée apivore lors des crues estivales.
  • Les passereaux champêtres : bruants des roseaux, tariers pâtres, fauvettes et bergeronnettes grises sur les tas de foin.

Une dizaine de couples de cigognes blanches nichent depuis 2022 dans le secteur Nesle/Franqueville, preuve que ces oiseaux reconnaissent la qualité des zones gérées !

Conseils pratiques pour réussir ses observations près de Roye


  • La discrétion avant tout : Marchez lentement, parlez à voix basse et évitez les vêtements trop colorés pour ne pas effrayer la faune.
  • Optez pour des jumelles ou une longue-vue : Un grossissement 8x ou 10x est suffisant pour la plupart des observations locales. Un appareil photo avec zoom (200 mm au moins) vous permettra de ramener quelques souvenirs.
  • Préférez les matinées calmes ou la fin de journée : C’est à l’aube ou à la tombée du soir que les oiseaux sont les plus actifs… et que la lumière est la plus douce pour vos yeux (et vos clichés !).
  • À chaque saison son cortège d’oiseaux : Pensez à revenir à différents moments de l’année pour enrichir votre “carnet de terrain”.
  • Respectez toujours les lieux privés (étangs, prairies clôturées), les panneaux installés et n’effrayez pas les oiseaux en nidification.

Pour les curieux qui souhaitent aller plus loin, la Maison de la nature et de l'oiseau à Fréchencourt propose parfois des sorties guidées autour des marais de la Somme.

Un territoire à redécouvrir : curiosités, chiffres et art de la contemplation


On estime à plus de 120 espèces d’oiseaux d’eau différentes présentes chaque année dans la vallée de la Somme (source : Parc naturel régional Baie de Somme Picardie maritime). Roye est loin d'atteindre ces records, mais même sur un simple circuit “maison”, une liste de 40 à 60 espèces observables est réaliste en une année !

  • Un vanneau huppé au vol zigzagant, c’est la promesse du printemps.
  • Les nids de cigognes sur les poteaux EDF près de Nesle sont devenus des sentinelles du paysage.
  • Quelques vieilles cabanes de pêcheurs, à l’orée des marais, sont encore debout — autant de postes d’observation à l’abri du vent… et des regards.

Observer les oiseaux des zones humides autour de Roye, c’est embrasser le territoire autrement, retrouver l’humilité devant la nature, parfois sauvage, souvent silencieuse. C’est apprendre à ralentir le pas, à écouter, à reconnaître la silhouette d’un courlis ou la note suraiguë d’un rougegorge au détour d’un sentier détrempé.

Alors pour la prochaine balade, glissez une paire de jumelles dans la sacoche, et laissez-vous guider par le chant des oiseaux — qui, de Roye aux marais voisins, seront toujours les meilleurs ambassadeurs de nos paysages humides.

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