Quand la nature change de visage : Roye au fil des saisons

9 mai 2026

Le ballet des saisons : quand la Somme se raconte en paysages


Il y a des matins, entre Roye et Liancourt-Fosse, où une brume douce flotte sur les champs : l’hiver pose sa main fraîche, enveloppe tout d’un voile discret. Quelques semaines plus tard, ce sont les coquelicots qui éclaboussent la plaine de rouge pétard, comme si la campagne voulait réveiller tout le monde. On observe la nature se métamorphoser et, sans bouger loin de Roye, chaque promenade devient une petite aventure, presque un film en quatre actes. Ici, la météo, la lumière et même l’humeur de la terre dictent le décor. Mais alors, où faut-il vraiment ouvrir l’œil selon les saisons autour de Roye ? C’est ce que nous allons explorer ensemble.

L’hiver : mystères givrés et oiseaux d’eaux


L’hiver, la campagne autour de Roye oscille entre grand repos et spectacles discrets. La lumière rase, souvent dorée en plein midi, transforme les étangs en miroirs magiques. Si certains hibernent sous la couette, d’autres s’aventurent dehors, bottes aux pieds, pour surprendre les merveilles cachées de la "mauvaise" saison.

  • Les Marais de Pertain : Direction Pertain ! Le marais, déjà secret le reste de l’année, joue les tapissoirs gelés aux premières gelées. On y croise le héron cendré, parfois la foulque macroule, et le ballet silencieux des oiseaux hivernants.
  • Les bocages givrés : Sur la route de Lœuilly, on devine la structure ancienne des champs parés de givre. Le matin, chaque haie semble brodée à la dentelle grâce à la glace.

À noter : c’est la période idéale pour repérer les chevreuils. Ils sortent timidement en lisière de bois à la recherche de nourriture. Ouvrez l’œil surtout à l’aube ou au crépuscule. Les photographes savent que ce genre de lumière rasante, entre chien et loup, rend tout plus magique (source : Somme Tourisme).

Le printemps : floraisons, patiences et chants d’oiseaux


Le grand réveil a sonné ! Dès mars, le vert mousse reprend ses droits et l’énergie remonte. Impossible de ne pas sentir l’appel du dehors. Autour de Roye, le spectacle se joue sur plusieurs scènes à la fois.

  • Champs de colza : Impossible de louper les larges nappes jaunes entre Roye, Faverolles et Bus-lès-Artois. L’odeur légèrement miellée du colza attire les abeilles, et ces étendues sont de vrais repères pour les petits rapaces (buses variables, faucons crécerelles) postés sur les piquets.
  • Vergers en fleurs : Vers Hattencourt ou Lœuilly, les arbres fruitiers s’illuminent de blanc et de rose. Petite anecdote : autrefois, le bocage picard regorgeait de petites pommes rustiques, aujourd’hui encore on en trouve quelques spécimens derrière certains jardins.
  • Bords de la Crise : Cette discrète rivière serpente près de Roye. Au printemps, on y guette le ballet des canards, le martin-pêcheur (si rapide qu’il faut presque devenir statue pour l’observer), et, pour les chanceux, le retour du cincle plongeur.

Si vous aimez les grenouilles, c’est la période où les mares sont de véritables orchestres. Les soirées y vibrent d’un concert de coassements, surtout autour des plans d’eau peu profonds.

L’été : champs infinis et oasis inattendues


Ici, l’été joue la carte de la diversité : entre les blés qui mûrissent et les sous-bois ombragés, on peut choisir son ambiance du jour. Quelques imprévus s’invitent aussi… mais c’est ce qui fait le charme !

  • Mosaïque des cultures : De Ressons-sur-Matz à L’Échelle-Saint-Aurin, la plaine devient un patchwork géant : blé blond, orge ébouriffée, betteraves d’un vert presque fluorescent. Le saviez-vous ? La Somme figure parmi les premiers départements céréaliers de France (source : Département de la Somme).
  • Les haies bocagères vivantes : Entre deux champs, les haies s’activent : ronce, aubépine, sureau… On y observe toute une faune discrète : belettes, rougegorges, parfois une couvée de mésanges bleues sorties de leur nid creusé dans un vieux tronc.
  • Étangs et mares rafraîchissants : En août, petit détour par l’étang de la Broye ou ceux du bois du Gard. Zone idéale pour observer libellules, grèbes huppés et tester la sieste à l’ombre des saules.

À Roye même, les parcs municipaux gagnent en vie, mais pour la tranquillité, mieux vaut filer vers les abords du bois de Roye. Bonus : y voir bondir les lièvres dans les chaumes, un classique estival.

L’automne : couleurs, vent et surprise des mares


Il y a cette odeur, entre champignon et terre mouillée, qui annonce l’automne. Si la lumière décline, elle devient plus riche, plus cinématographique, parfaite pour saisir la rusticité de la campagne picarde.

  • Alignements de peupliers dorés : Entre Roye et Cressy-Omencourt, le paysage s’habille d’or et d’ocre. Les peupliers forment des allées vibrantes qui se reflètent sur les cours d’eau. Avis aux photographes !
  • Chasses à la vue : Ce n’est pas qu’une histoire de fusil : l’automne signe le retour de nombreuses espèces migratrices. On peut parfois observer des vols de grues cendrées, ou le passage discret des bécassines dans les bas-champs (source : Ornithomedia).
  • Cueillettes de champignons : Si la législation locale le permet (renseignez-vous toujours !), les bois autour de Roye sont parfois généreux en bolets et pieds-bleus. Prendre un panier pour ramener quelques souvenirs et, si on croise un amateur, glaner deux ou trois conseils de terrain.

L’automne, c’est aussi la saison où la faune se prépare : les écureuils font le plein, et c’est le bon moment pour observer la parade sonore des chouettes hulottes au crépuscule.

Où et quand observer quoi ? Petit guide pratique des paysages autour de Roye


Saison Spot naturel À observer Astuce ou anecdote
Hiver Marais de Pertain Oiseaux hivernants, brouillards légers Privilégier l’aube pour les photos féériques
Printemps Champs de colza/Petits ruisseaux Floraison, nichées, chants d’oiseaux Apporter jumelles et carnet pour noter les espèces
Été Étangs, lisières, bocages Mammifères, insectes, mosaïque de cultures Prévoir chapeau et eau, peu d’ombre en plaine
Automne Bois de Roye, allées de peupliers Feuillages colorés, migration, champignons Cavaler en forêt pour croiser un écureuil pressé

Les petits plus qui font la différence


  • Pour les passionnés d’oiseaux : La Somme, grâce à ses zones humides, attire de nombreuses espèces. Pensez à consulter régulièrement Faune Picardie pour connaître les dernières observations.
  • L’agenda météo : Entre novembre et mars, les brouillards givrants offrent les plus beaux paysages matinaux, à condition d’être ponctuel !
  • Initiatives locales : Certaines associations, comme "Nature en Roye", organisent des balades accompagnées à thème : champignons, oiseaux, ou encore découverte botanique. Renseignez-vous en mairie ou sur les panneaux d’affichage du marché du samedi matin.

Pourquoi nos paysages changent à ce point ?


Roye, au cœur du Plateau Picard, subit des influences climatiques variées. La faible altitude (entre 70 et 100 mètre selon les coins) donne à la lumière toute sa force, tandis que l’alternance de cultures (blé, colza, betterave, maïs) dessine un kaléidoscope visuel unique. Facteur moins connu, la gestion du bocage et des étangs, héritage de l’époque où l’élevage et la coupe de bois structuraient la vie locale, continue à influencer l’aspect du paysage aujourd’hui (source : INSEE / Observatoire Régional de l’Environnement).

Envie de tenter l’aventure ?


Pas besoin de partir pour la Baie de Somme ou le Marquenterre pour se sentir dépaysé. Autour de Roye, chaque saison est prétexte à redécouvrir ce qu’on croyait connaître. Prochain lever de soleil, prochaine balade sous la pluie ou entre deux moissons : c’est souvent là que le paysage réserve ses plus belles surprises.

Votre coin préféré, c’est lequel ? Une mare cachée, une haie improbable, une allée d’arbres qui vous rappelle l’enfance ? N’hésitez pas à partager vos bons plans… on ne demande qu’à s’émerveiller à plusieurs !

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