Les paysages de nos campagnes n’ont plus rien de figé : d’une année sur l’autre, la technique évolue et transforme le décor, souvent plus qu’on ne l’imagine.
Des parcelles toujours plus grandes
Autour de Roye, comme partout dans le nord de la France, les remembrements des années 1960-1980 ont profondément remodelé l’agriculture. Les haies ont souvent disparu pour faire place à de très grandes parcelles, rendant les lignes de fuite du paysage impressionnantes, mais réduisant la diversité visuelle. Pourtant, ponctuellement, on assiste à des retours de haies ou la création de bandes enherbées, encouragées par les politiques agricoles. La Communauté de communes du Grand Roye soutient par exemple la plantation d’arbres isolés et de haies (source: grandroye.fr).
Le passage à l’agriculture de conservation
Depuis une dizaine d’années, certains agriculteurs se lancent dans des pratiques de conservation (non-labour, couverture du sol) : cela se voit en été avec des couverts végétaux, couvrant la terre entre deux cultures principales, offrant des tons verts là où, autrefois, tout n’était que chaume et terre nue en août.
Machinisme et paysages “timelapse”
Les outils étant toujours plus larges et plus rapides, la progression de la moisson (ou des autres récoltes) laisse désormais, en moins de 48h, un champ transformé. Résultat : il n’est pas rare, à Roye, de voir un paysage changer d’aspect en un seul week-end — moisson le samedi, paille pressée le dimanche, semis de colza ou labour le lundi. Le paysage n’est plus immobile ; il vit au rythme des machines.