Le printemps en couleurs : explorer les paysages champêtres autour de Roye

11 mai 2026

La mosaïque des champs : voir la plaine autrement


Impossible de parler des paysages alentours sans évoquer cette vaste mer de champs qui entoure Roye. Certains pourraient y voir de la monotonie, mais au printemps, c’est tout le contraire.

Champs de colza : l’or du Plateau Picard

D’avril à mai, le colza explose littéralement : toutes ces grandes nappes jaunes vives sont impossibles à rater. Si on veut prendre la mesure du spectacle, rien de tel qu’une promenade du côté de Fescamps, Cressy-Omencourt ou le long de la D334 direction Ailly-sur-Noye. Les photographes s’en donnent à cœur joie—et il faut voir comme les abeilles et les papillons raffolent de ces fleurs (source : Actu-Environnement).

  • Période à privilégier : mi-avril à fin mai.
  • Heure idéale : fin d’après-midi, pour la lumière dorée sur le jaune vif.

Le ballet vert du blé et de l’orge

Juste à côté, les vagues douces du blé ou de l’orge, d’un vert quasi phosphorescent sous le soleil printanier, ondulent au gré du vent. Parfois, on aperçoit le relief d’un ancien chemin ou d’une trame bocagère disparue. C’est aussi là que les lièvres, faisans ou chevreuils font parfois une apparition furtive.

  • Idée balade : rejoindre le chemin de halage tout près de Marché-Allouarde pour profiter de points de vue sur la vallée et observer la faune matinale.

Haies, bosquets et chemins creux : la vie cachée du bocage


À première vue, les haies semblent secondaires, mais ce sont de véritables autoroutes écologiques et, au printemps, ce sont elles qui chantent le plus fort. Près d’Epineux ou Hattencourt, certains chemins creux laissent découvrir un enchevêtrement de sureaux, d’aubépines en fleurs et de prunelliers couverts de petites corolles blanches. Les merles, rougegorges et fauvettes rivalisent alors de vocalises.

  • Aubépines et prunelliers en fleurs : entre fin mars et début mai.
  • Attention : les haies disparaissent progressivement dans la Somme (moins de 5% du territoire en est encore couvert – source : Agence de l’eau Artois-Picardie), d’où l’urgence de les admirer tant qu’on peut.
Espèce observée Période de floraison Lieu type autour de Roye
Aubépine Avril-mai Bocages de Hattencourt, Epineux
Prunellier Mars-avril Chemins creux ruraux
Sureau noir Mai-juin Bords de champs, fossés

Les prairies humides du Verblay, l’écrin caché


La zone du Verblay, véritable langue d’eau et de vert, à l’ouest de Roye, mérite clairement le détour. C’est le royaume des joncs, des iris jaunes et des populages, souvent en fleurs dès les premiers jours de mai. Et pour ceux qui aiment la vie animale, c’est ici qu’avec un peu de patience, on observe canards, hérons et parfois (avec un brin de chance) la rare cistude d’Europe, petite tortue autochtone recensée dans la région (Patrimoine naturel Hauts-de-France).

  • Période forte : entre fin avril et mi-juin, après les crues de printemps.
  • Spots d’observation : sentier du Verblay, petite passerelle derrière la zone industrielle ou côté étangs de Liancourt-Fosse.
  • À ne pas manquer : le lever du soleil sur les prairies inondées, lumière et brume garanties !

Bords de chemins et talus : rencontres fleuries et butinage


Le vrai printemps picard, c’est souvent sur les talus qu’il se joue ! On y trouve toutes les petites stars saisonnières : violettes, primevères, boutons d’or, mais aussi orchis muriques ou encore la spectaculaire fritillaire pintade, rare mais bien présente dans quelques secteurs préservés.

  • Orchis et orchidées sauvages : fin avril à mi-juin, notamment sur les pelouses calcaires à proximité de Crapeaumesnil ou dans les friches entre Roye et Erches.
  • Floraison du bouton d’or : partout ou presque (avec un pic en mai), notamment sur le chemin du Marais d’Armancourt.

Les insectes ne s’y trompent pas : bourdons, papillons nacrés et abeilles domestiques font leur marché sur ces petites fleurs sous le regard gourmand de quelques hérissons matinaux.

L’arbre printanier, star méconnue de la campagne de Roye


Qui prend encore le temps de regarder un arbre isolé ? Au printemps, ils volent pourtant la vedette aux massifs floraux. Les vieux pommiers et cerisiers, égarés au bout des vergers ou au milieu des pâtures, se couvrent d’une neige éphémère de pétales. Les saules, rendus chevelus par le pollen, enveloppent les mares de leur reflet doré.

  • Pommier/cerisier en fleurs : début à mi-avril, sur les sentiers vers Armancourt ou Bussu.
  • Saules têtards : ils forment des silhouettes fantomatiques sur l’eau ou le long des fossés, parfaits pour les photos à la lumière rasante du couchant.

L’aquarelle mouvante du ciel picard


Enfin, si la campagne autour de Roye donne de si beaux paysages de printemps, c’est grâce à son ciel : vaste, changeant, jamais le même. Les cumulus gonflés d’avril, puis les soirs de veillées où le rose et le bleu se mélangent en aquarelle… Les levers de soleil sur Cressy-Omencourt ou les couchers du côté de Laucourt sont à couper le souffle, souvent bien plus qu’on ne le croit. Les photographes traquent depuis des années cette “lumière du Nord” si typique (source : Le Mag’ Seine-Saint-Denis).

  • Pour les amateurs de paysages spectaculaires, il suffit de lever la tête et de prendre le temps, surtout après la pluie…

Quelques idées de parcours printaniers autour de Roye


Parcours Distance Points forts
Sentier de la vallée de l’Avre 9 km Champs de colza, haies, vergers, vues sur la rivière
Tour du Verblay 5 km Prairies humides, oiseaux, orchidées
Boucle de Crapeaumesnil 6 km Bords de champs, orchidées, vie rurale

Printemps oblige, la campagne de Roye se révèle à la fois discrète et spectaculaire. Un patchwork d’ambiances à saisir à pied, à vélo ou juste le nez au vent. Les paysages d’ici, malgré leur humble réputation, n’attendent qu’un regard prêt à se poser sur eux pour livrer leurs plus jolis secrets. On parie que, cette année, ils vous surprendront ?

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