Préserver la nature à Roye : nos gestes, leur impact

10 avril 2026


Dans la région de Roye, préserver la faune et la flore n’est pas réservé aux experts : chacun peut y contribuer de manière concrète et efficace.
  • L’adoption de gestes quotidiens s’impose comme levier essentiel, depuis le jardin jusqu’aux espaces publics.
  • Certains espaces naturels locaux abritent des espèces rares, parfois menacées, dont la préservation dépend de notre vigilance collective.
  • Lutter contre les pollutions, favoriser les corridors écologiques et respecter les cycles naturels permettent de soutenir la biodiversité.
  • Les initiatives associatives locales apportent un soutien précieux aux actions individuelles, et l’éducation joue un rôle clé pour sensibiliser toutes les générations.
  • L’implication citoyenne, même à petite échelle, fait la différence pour le maintien d’un territoire vivant, riche de nichoirs, de prairies fleuries et d’espèces sauvages.
Ainsi, la protection de la faune et de la flore à Roye passe avant tout par des engagements simples, répétés, à la portée de tous, pour garantir la richesse du patrimoine naturel local.

Mieux connaître la biodiversité locale


On ne protège bien que ce que l’on connaît bien. Roye et sa campagne regorgent d’espèces typiques de la Somme. La loutre d’Europe fait parfois un passage discret dans les rus du Matz, la sittelle torchepot s’agite dans les vieux arbres du parc municipal, et les prairies bordant la ville respirent encore au rythme des papillons migrateurs et de l’orchis bouffon.

  • Faune : Oiseaux des jardins (rouge-gorge, mésange charbonnière, étourneau sansonnet), mammifères discrets (hérisson, chauve-souris), amphibiens (grenouille agile dans les fossés), et insectes polinisateurs (abeilles sauvages, syrphes).
  • Flore : Haies champêtres mêlant charme, aubépine et sureau, orchis et gagées sur les pelouses calcaires, plantes rares comme la renoncule à petits fruits.

Selon la LPO et l’Observatoire de la Biodiversité Hauts-de-France, ces espèces sont en déclin constant depuis 30 ans : 30% des oiseaux communs ont disparu des campagnes françaises depuis 1989 (source : Vigie-Nature/MNHN). À Roye, la tendance est la même, mais tout n’est pas joué.

Adopter les bons réflexes au jardin et chez soi


À Roye, le moindre lopin de terre, voire un simple balcon, peut devenir un coin de paradis pour la biodiversité. Voici les pratiques à privilégier :

  • Stop aux pesticides : Depuis 2019, les produits phytosanitaires de synthèse sont interdits pour les particuliers, mais les vieux restes traînent parfois dans les cabanons. Un conseil : direction la déchetterie ! Laisser les coccinelles, chrysopes et mésanges faire le travail.
  • Laisser des zones sauvages : Un tas de bois, quelques herbes folles au coin du jardin : ce n’est pas de la paresse, c’est du bon sens écologique. Les hérissons, papillons et rougequeues noirs y trouvent refuge et nourriture.
  • Planter local : Choisir haies, fruitiers et vivaces adaptés : aubépine, noisetier, prunellier, cornouiller… Ces espèces demandent moins d'arrosage, nourrissent les oiseaux, et fêtent le printemps comme nulle autre !
  • Économiser l’eau : Installer un récupérateur d’eau de pluie (simple, peu coûteux), pailler le sol, arroser tôt ou tard, et privilégier les plantes endémiques plus résistantes à la sécheresse.

Un instant concret : le “jardin zéro déchet chimique” à Roye

Selon l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, les nappes phréatiques picardes ont gagné en qualité depuis la loi Labbé et l’arrêt des pesticides dans les espaces publics. Roye s’inscrit dans cette dynamique (source : mairie.roye.fr), mais chacun doit aussi jouer le jeu chez soi.

Protéger la faune au quotidien : petites actions, maxi bénéfices


  • Installer des nichoirs : Une boîte en bois, perchée à l’ombre sur un arbre ou sur un mur, et hop, les mésanges et moineaux auront de quoi s’installer. C’est l’une des premières actions recommandées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (www.lpo.fr).
  • Tolérer les “sauvages” : Les araignées, les chauves-souris, ou même le renard de passage, ne sont pas des ennemis. Rappel : un hérisson dans le jardin est un excellent auxiliaire contre les limaces !
  • Limiter l’éclairage nocturne : Beaucoup d’animaux sont nocturnes. La pollution lumineuse dérange les chouettes, les chauves-souris, et perturbe les insectes (source : ANPCEN Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes).
  • Sensibiliser les enfants : Construire un abri à insectes en famille, entre voisins, ou lors des ateliers d’Espaces Naturels Régionaux (ENR), c’est apprendre en s’amusant.

Respecter les chemins et les milieux naturels lors des balades


La marche, la pêche à la ligne ou le simple pique-nique sur les bords du Matz, à Moyencourt ou dans les “petites forêts”, rythment les beaux jours. Quelques précautions s’imposent :

  1. Rester sur les sentiers balisés pour éviter de piétiner les nids d’oiseaux au sol ou les jeunes orchidées — oui, les orchidées sauvages, à Roye, c’est une réalité !
  2. Ramasser ses déchets, même biodégradables. Une peau de banane met plus d’un an à disparaître, et attire rats et goélands.
  3. Éviter de cueillir fleurs et plantes, même pour une promenade “offrande” : laisser la nature grandir là où elle est, c’est garantir son renouvellement.
  4. Tenir les chiens en laisse pendant la nidification (mars à août) pour éviter de déranger les couvées par inadvertance.

Les sites à forte valeur écologique autour de Roye

À noter, certains secteurs méritent une attention renforcée, comme la « Prairie du Matz », zone référencée « ZNIEFF » (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) depuis 2003 (source : inpn.mnhn.fr). Ces prairies humides abritent tritons crêtés, campagnols amphibies, et bruants jaunes.

Participer aux initiatives collectives et associatives


Du côté des associations royennes et picardes, les actions collectives fleurissent, parfois dans l’ombre mais toujours utiles :

  • Chantiers participatifs : Restauration de haies, nettoyage de rivières (« J’aime la Somme Propre », collecte annuelle), création de mares temporaires pour batraciens. Ces journées conviennent à tous les âges et permettent de rencontrer voisins et passionnés.
  • Comptages et inventaires : Rejoindre un comptage des oiseaux (“Birdwatching de plaine”), signaler les hérissons ou papillons via les applications dédiées (INPN Espèces, Vigie-Nature, etc.).
  • Animations scolaires : Soutenir les professeurs lors des “semaines nature”, donner un coup de main aux écoles pour installer des potagers ou fabriquer des hôtels à insectes.

Ces dynamiques participatives montrent que la protection de la biodiversité ce n’est pas qu’une histoire d’individus : l’émulation de groupe est précieuse pour garder la motivation et voir les progrès d’année en année.

Favoriser les “corridors écologiques” : le maillage vivant du territoire


Pourquoi voit-on moins de papillons ou de chevreuils qu’il y a 20 ans ? L’un des fléaux majeurs reste la fragmentation des milieux naturels : béton, routes, grillages… Pour contrer ça, les scientifiques préconisent la création ou le maintien de corridors écologiques. À Roye, ça passe notamment par :

  • Éviter le remplacement des haies par des clôtures imperméables. Une haie bocagère continue, c’est 3 à 5 fois plus de micro-mammifères (source : Fédération des Parcs Naturels Régionaux).
  • Favoriser les fossés enherbés et talus non fauchés entre les champs, refuges précieux aux rongeurs, amphibiens et insectes.
  • Laisser des passages entre jardins pour les hérissons et petits mammifères (exemple : “passages à hérisson” ou “hedgehog highways”).

L’agglomération de Roye et la Communauté de Communes s’engagent d’ailleurs dans ces démarches via leurs documents d'urbanisme (PLUI - Plan Local d’Urbanisme Intercommunal), et plusieurs agriculteurs de la plaine pratiquent le maintien des « linéaires naturels » — un maillage discret mais vital.

Moins de pression, plus de respect : l’esprit local, c’est ça aussi


Préserver la biodiversité, c’est aussi accepter de laisser vivre la nature, sans chercher à tout contrôler. Le brin d’herbe follette peut abriter une coccinelle, la flaque après la pluie deviendra peut-être mare à têtards. À Roye, garder ce lien avec la nature, c’est perpétuer un certain art de vivre, fait d’observation, de tolérance, et parfois d’émerveillement un peu naïf devant le bal des mésanges ou la floraison d’une orchidée sauvage.

Nos gestes, même modestes, changent la donne : cultiver une haie, installer un nichoir, participer un samedi au nettoyage d’un talus ou, simplement, transmettre l’envie de respecter la nature à ses enfants et voisins, c’est déjà, collectivement, préparer le printemps suivant.

Sources : LPO France, Muséum National d’Histoire Naturelle (INPN), Agence de l'Eau Artois-Picardie, Fédération des Parcs Naturels Régionaux, Mairie de Roye, ANPCEN, data biodiversité France, Observatoire de la biodiversité Hauts-de-France.

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