Explorer les trésors verts : Les espaces naturels protégés à deux pas de Roye

2 décembre 2025

Pourquoi des espaces naturels protégés ici ? Un territoire entre plaines et marais


On connaît Roye pour son dynamisme, mais la ville et ses alentours occupent aussi une position privilégiée à la rencontre du Santerre (grande plaine céréalière), de la vallée de la Somme et du bassin versant de l’Avre. Ce maillage de rivières, d’étangs, de petites forêts et de zones humides a toujours constitué un véritable « patchwork » écologique.

La région concentre ainsi plusieurs espaces bénéficiant d’une protection réglementaire ou contractuelle :

  • Sites classés Natura 2000 : pour préserver des habitats ou des espèces rares
  • Réserves naturelles régionales (RNR)
  • Zonages ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique)
  • Arrêtés préfectoraux de protection de biotope

Pourquoi tant de protections ? Parce que la Picardie est une étape cruciale pour de nombreux oiseaux migrateurs, un refuge pour des espèces devenues rares, et un ultime bastion contre l’artificialisation des campagnes.

Rainettes et orchidées : Petit inventaire des espaces naturels protégés autour de Roye


1. La vallée de l’Avre et la zone Natura 2000 « Vallée de l’Avre »

À moins de 10 km au nord, la Vallée de l’Avre abrite un des principaux sites Natura 2000 du secteur (source INPN). Cette zone de prairies humides, s’étendant sur près de 900 hectares, longe l’Avre et englobe des villages familiers : Tilloloy, Pierrepont-sur-Avre, Bouchoir, Villers-aux-Érables.

  • Espèces emblématiques : le triton crêté (protégé au niveau européen), la rainette arboricole, le héron pourpré et plus d’une vingtaine d’espèces d’orchidées sauvages.
  • Spécificité : Les vastes marais, vestiges d’une vingtaine de moulins à eau, abritent une biodiversité modérée mais typique des zones bocagères picardes.
  • Accès : Entre Chepoix et Tilloloy, plusieurs sentiers de randonnée permettent de s’aventurer sous les aulnes ou d’observer la vie aquatique depuis les petits pontons (privilégier les jumelles !).

2. Les étangs de la Bassée – Réserve naturelle régionale de la Bassée Beuvardes

À l’est de Roye, du côté de Beuvardes, la réserve régionale de la Bassée est un autre joyau discret (source : PNR Oise - Pays de France). Classée depuis 2008, elle recouvre 38 hectares de marais, d’étangs et de prairies inondables, traces précieuses d’un ancien cours de la rivière Avre.

  • Faune à observer : le castor d’Europe (revenu naturellement dans la vallée de la Somme), la bouscarle de Cetti, la guifette moustac, des libellules rares comme la grande aeschne.
  • Flore rare : le nénuphar jaune, la fritillaire pintade, et plus de 250 espèces végétales répertoriées.
  • Anecdote : Les pêcheurs locaux racontent qu’au début du XXe siècle, on venait pêcher l’anguille dans l’Avre, denrée très recherchée sur les marchés de Roye.

La réserve ne se visite que lors d’animations ou de sorties encadrées : renseignez-vous auprès du Parc naturel régional Oise-Pays de France ou des associations locales (Picardie Nature).

3. Les bois de Francières, Hangest-en-Santerre et le marais de Bouillancourt

Impossible de ne pas citer ces drôles d’îlots boisés, rescapés de la grande déforestation médiévale, devenus autant de « poumons » de biodiversité en plein Santerre.

  • Les Bois de Francières (ZNIEFF) : D’une superficie de 68 hectares, ils abritent chevreuils, sittelles torchepot, pics épeiches, et de nombreuses espèces de chauves-souris.
  • Le marais de Bouillancourt : Dernier marais tourbeux du canton, propriété en partie du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France (source), il conserve une mosaïque de prairies humides, de saulaies et d’étangs. On y trouve la grassette, plante carnivore protégée.

D’accès discret, ces sites sont idéaux pour une promenade d’automne ou une sortie ornithologique au lever du jour.

Entre inventaire et balades : idées de sorties dans le Roye secret


Explorer ces espaces, c’est d’abord apprendre à marcher « léger », en se faisant discret pour observer sans déranger. Quelques suggestions :

  • Boucle des marais de l’Avre : Itinéraire de 6,5 km au départ de Tilloloy, balisé bleu, permettant de traverser pontons et prairies humides en toute tranquillité.
  • Circuit du Bois de Francières : Parcours forestier ombragé, à la frontière entre Roye et Montdidier. Parfait au printemps : tapis de jacinthes sauvages garanti.
  • Découverte de la Bassée lors des portes ouvertes : Des visites guidées sont régulièrement organisées au printemps ou en été – à retrouver sur le site du PNR.

À noter : dans ces sites sensibles, pas question de cueillir fleurs ni champignons rares (on se contente d’admirer et de photographier !). Les chiens sont généralement à tenir en laisse.

Comprendre les enjeux : pourquoi protéger ces espaces naturels ?


Plus que de simples bouts de verdure, les espaces naturels protégés autour de Roye sont des « archipels » du vivant. Ils :

  • Abritent une faune parfois menacée (triton crêté, muscardin, loriot d’Europe)
  • Stabilisent les sols et limitent les inondations, problème de plus en plus d’actualité avec la transformation du climat (source : Le Monde)
  • Forment des « corridors » écologiques permettant aux espèces de migrer ou de recoloniser des milieux
  • Sont pour certains ouverts à la sensibilisation du public (sorties natures, chantiers participatifs…)

Dans beaucoup de cas, la préservation de ces lieux dépend du travail discret d’associations, d’agriculteurs engagés et de propriétaires privés qui choisissent de « laisser en paix » une friche, un morceau de bois, une prairie humide. Un équilibre fragile, parfois remis en cause par l’urbanisation ou la pression du tourisme de masse. D’où l’importance de les connaître… et d’y aller avec respect.

Où en est la Somme ? Chiffres récents et tendances pour la région


  • 10% du territoire départemental bénéficie d’un statut de protection environnementale (chiffres 2023, CEN Hauts-de-France)
  • Plus de 35 ZNIEFF recensées dans les cantons autour de Roye
  • 4 réserves naturelles régionales dans un rayon de 35 km autour de Roye
  • 250 km d’itinéraires « verts » balisés, de la Somme à l’Avre, majoritairement accessibles à pied ou à vélo (source : Conseil départemental de la Somme)

Roye n’est certes pas au centre du Parc naturel régional de la Baie de Somme, mais elle se situe dans un secteur de « lisière » : celui des petits refuges, où chaque hectare compte.

Pousser la porte : comment s’engager, observer ou aider ?


Amoureux des grands espaces ou tout simplement curieux, chacun peut contribuer à sa mesure à la préservation de ces trésors :

  • Participer aux sorties natures organisées par Picardie Nature ou le CEN Hauts-de-France
  • Soutenir le travail des bénévoles sur place (entretien des sentiers, inventaires naturalistes)
  • Adopter les bons gestes lors de vos balades : ne rien prélever, tenir les chiens en laisse, signaler la présence d’espèces rares
  • Partager photos et anecdotes sur les réseaux… pour donner envie à d’autres d’en profiter avec bienveillance

Et si vous découvrez vous-même un coin inattendu, n’hésitez pas à saisir un carnet (ou votre téléphone) : chaque observation compte – et parfois, une simple photo prise sur un sentier peut servir aux naturalistes du coin.

L’avenir est vert… si on le veut bien


Sous l’apparence sage des campagnes picardes, Roye et sa région sont traversées par des lignes de vie qu’il suffit de prendre le temps d’observer : frissons de roseaux, cris de poules d’eau, envols furtifs dans les lueurs du matin. Chacun de ces espacés témoigne d’une histoire ancienne, et engage une promesse pour ceux qui viendront : à nous, habitants, voisins ou simples passagers, de prendre le relais pour que la nature y ait encore des droits et des chants demain.

Pour plus d’informations ou pour organiser une sortie, rendez-vous sur les sites du CEN Hauts-de-France et de Picardie Nature, ou poussez la porte de la Maison de l’environnement du Pays de Santerre Haute Somme à Chaulnes. Les espaces protégés autour de Roye n’attendent que votre curiosité… et un peu de douceur.

En savoir plus à ce sujet :