Petits alliés, grand jardin : accueillir les insectes utiles à Roye et alentours

12 février 2026


À Roye, profiter d’un jardin en pleine santé passe par l’accueil des insectes auxiliaires. Ces petits alliés naturels régulent maladies et ravageurs, pollinisent les fleurs et favorisent un écosystème équilibré.
  • Comprendre le rôle essentiel des insectes utiles dans la biodiversité du jardin
  • Identifier les espèces bénéfiques adaptées à notre climat picard
  • Adopter des gestes simples et efficaces : réduction des pesticides, création d’abris, choix des plantes favorables
  • S’inspirer d’exemples locaux et de pratiques recommandées pour développer un jardin vivant
  • Respecter les cycles naturels pour récolter fruits et légumes en abondance tout en protégeant la faune locale

Pourquoi les insectes utiles sont nos meilleurs alliés au jardin


Oubliez les “bestioles” synonymes de nuisances. Une majorité d’insectes contribue au contraire à l’équilibre du jardin. À Roye et ses alentours, où la nature alterne entre cultures et zones naturelles, ces auxiliaires jouent des rôles-clés :

  • Pollinisation : abeilles domestiques, bourdons, syrphes, papillons… Sans eux, ni légumes ni fruits.
  • Lutte naturelle contre les ravageurs : coccinelles, carabes, perce-oreilles ou chrysopes sont de véritables prédateurs contre pucerons, chenilles et autres “petits mordeurs”.
  • Décomposition : scarabées, cétoines, forficules ou tipules accélèrent le retour de la matière organique à la terre.
  • Aération du sol : certains scarabées ou abeilles solitaires creusent le terrain, le rendant plus souple et vivant.

Selon l’Observatoire Français d’Entomologie, près de 80 % de la pollinisation cultivée repose localement sur les hyménoptères sauvages, dont beaucoup ne se remarquent qu'à l’œil très attentif (ODEADOM).

Petit inventaire des auxiliaires qui aiment Roye (et vice-versa)


Chaque territoire a son cortège d’insectes. Dans notre région de la Somme, avec son climat tempéré et son bocage parfois méconnu, on croise plusieurs stars du jardin, à reconnaître pour mieux les choyer :

  • La coccinelle européenne (Coccinella septempunctata)
    • Dévore jusqu’à 100 pucerons par jour à l’état larvaire
    • Aime les haies de charmille, les massifs fleuris et les jardins sans pesticides
  • Le syrphe ceinturé
    • Fausse-mouche très agile, dont la larve anéantit les colonies de pucerons
    • Attiré par les ombellifères, fenouil ou carotte sauvage
  • Le bourdon terrestre
    • Pollinisateur hors pair pour fèves, petits pois, tomates du potager
    • Niche dans de petits tas de mousses, de feuilles mortes ou sous un vieux cabanon
  • Le carabe doré
    • Chasseur nocturne de limaces et de petits ravageurs du sol
    • Rôle précieux dans les potagers humides ou composts ouverts
  • La chrysope verte
    • Appelée aussi “mouche aux yeux d’or”, détruit pucerons et cochenilles, nocturne et discrète
    • Peu exigeante, elle aime les feuillages denses et les jardins peu éclairés la nuit
  • Osmies (abeilles solitaires)
    • Pollinisent arbres fruitiers et baies très tôt au printemps
    • Nichent volontiers dans des trous de bois ou dans des hôtels à insectes bien exposés

Ces exemples montrent notre incroyable diversité. Favoriser ces compagnons, c’est aussi contribuer localement à limiter les invasions de ravageurs et réduire la dépendance aux solutions chimiques. D’ailleurs, selon l’INRAE, 20 % des pertes agricoles en Europe proviennent d’un déficit d’insectes pollinisateurs ou prédateurs naturels (INRAE).

Créer un jardin accueillant : gestes simples pour attirer les insectes utiles


Transformer son jardin en refuge pour auxiliaires ne relève pas de la formule magique. Il s’agit plutôt d’une addition de petits gestes — les fameux “trucs de grand-mère” et quelques bonnes pratiques d’aujourd’hui.

Privilégier la diversité des plantes

  • Semez des fleurs mellifères (phacélie, bourrache, trèfle incarnat, lavande, sauge, etc.) en bandes ou en lisière de potager.
  • Conservez ou plantez des haies variées : aubépine, charme, prunellier, noisetier… elles offrent pollen, abri et nourriture toute l’année.
  • Laissez une zone “sauvage” ou enherbée, même infime, où pissenlits, achillées et orties accueillent des larves précieuses et bien des papillons.

Limiter (et remplacer) l’usage de traitements chimiques

  • Réservez les traitements “au cas par cas” et jamais préventifs.
  • Optez pour des solutions bio comme le savon noir ou les purins végétaux, tout aussi efficaces contre certains parasites sans troubler l’équilibre général.
  • Pensez au paillage (de feuilles, tonte, paille…) qui protège les auxiliaires du sol et maintient l’humidité.

Installer des refuges adaptés

  • Les fameuses “hôtels à insectes” sont efficaces si on les fabrique maison : tiges creuses de sureau ou de bambou, boîtes percées, cassis, brindilles… à placer face sud, à l’abri du vent.
  • Des tas de bois, de pierres sèches ou un simple compost ouvert offrent abri à une foule de prédateurs utiles.
  • Laissez, si possible, une souche, un vieux tas de feuilles ou quelques morceaux de tuiles cassées : les perce-oreilles, carabes, ou encore le hérisson (autre grand auxiliaire, certes non insecte) y feront étape.

Offrir un point d’eau

  • Un petit récipient peu profond, garni de galets ou de morceaux de bois, permet aux insectes de venir se désaltérer sans danger.
  • Attention à l’eau stagnante (risque de moustiques) – videz et rincez régulièrement ou optez pour un mini-mare naturelle avec quelques plantes oxygénantes.

Choses à éviter… et pourquoi !


  • Couper court ou tondre de trop près supprime abris, œufs et zones de chasse pour une multitude de familles d’insectes.
  • Éclairer son jardin toute la nuit perturbe souvent la reproduction de certaines espèces nocturnes utiles (chrysope, luciole, sphinx…)
  • Planter des variétés horticoles stériles (rosiers modernes, pelouses « prêtes à poser ») n’apporte ni pollen ni nectar à nos auxiliaires.
  • Éliminer toutes les “mauvaises herbes” à tout prix, c’est aussi détruire les restaurants favoris de bon nombre de larves ou adultes protecteurs du jardin.

Jardinier à Roye : inspiration locale et initiatives concrètes


En flânant du côté du Jardin Public ou lors des fêtes de la Nature autour de Roye, difficile de ne pas remarquer combien le sujet mobilise désormais les habitants. Depuis 2021, la ville a même installé ses propres hôtels à insectes rue de la République, assortis de panneaux pédagogiques en bordure de certains massifs fleuris municipaux : une belle manière de montrer l’exemple (Ville de Roye).

L’école Jean-Macé, elle, a lancé un projet marquant auprès des élèves, semant des bandes fleuries et observant l’arrivée progressive des premiers pollinisateurs. Une bonne source d’inspiration pour nos jardins privés, car il n’est jamais trop tôt pour éveiller la curiosité et sensibiliser.

Des ressources et des conseils adaptés

  • Se rapprocher de la Maison de la Nature de la Somme ou de la LPO Picardie (Ligue pour la Protection des Oiseaux), qui proposent régulièrement des ateliers et sorties découverte sur la faune auxiliaire.
  • Consulter le site jardinons-alecole.org pour des fiches pratiques adaptées au climat nordique et aux petits espaces.
  • Participer chaque printemps à l’opération nationale “Comptage des insectes pollinisateurs” pilotée par le Muséum National d’Histoire Naturelle : vos observations comptent, même dans votre jardinet de centre-ville !

Un jardin vivant, c’est d’abord une histoire de patience et de curiosité


Dans les jardins de Roye, la tentation du “propre-net-rapide” s’estompe peu à peu face au désir d’une vraie biodiversité, visible à l’œil nu – ou presque. Accueillir les insectes utiles, c’est parier sur un écosystème durable, efficace, et bien plus résilient face aux aléas du climat ou à l’évolution des maladies de nos cultures locales. C’est aussi retrouver le plaisir de voir, d’écouter, de guetter le frémissement d’ailes familières au fil des saisons. Et c’est parfois, tout simplement, se rappeler que les plus précieux habitants de nos jardins sont parfois… ceux que l’on remarque le moins.

Sources : Ville de Roye, ODEADOM, INRAE, Jardinons à l’Ecole, Observatoire Français d’Entomologie, LPO Picardie, Muséum National d’Histoire Naturelle.

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